BlackBerry repris par Fairfax pour 4,7 milliards de dollars

©REUTERS

Le pionner des smartphones pourrait être vendu pour 4,7 milliards de dollars. Le groupe, qui ne serait plus coté, se recentrerait alors sur les services.

Trois jours après l'annonce d'un vaste plan social, BlackBerry a trouvé un acheteur. Le fabricant canadien de smartphones a indiqué lundi avoir signé une lettre d’intention en vue d’une cession à un consortium emmené par Fairfax Capital. Ce fonds d'investissements, basé à Toronto, à quelques kilomètres seulement de Waterloo, siège de BlackBerry, possédait déjà 10% du capital.

Le montant de l'opération s'élève à 4,7 milliards de dollars (3,5 milliards d'euros), soit à peine plus que la capitalisation boursière de la société à la clôture vendredi. Cette somme correspond globalement à la trésorerie (2,6 milliards de dollars) et à la valeur des brevets (estimée jusqu'à 2 milliards de dollars). Les dirigeants de BlackBerry se réservent cependant le droit d'accepter une offre supérieure qui serait formulée avant le 4 novembre. En juin 2008, à son apogée, le groupe était valorisé à 83 milliards de dollars.

Entamé depuis de longs mois, le processus de vente de BlackBerry s'est accéléré vendredi dernier quand le fabricant a lancé une profonde restructuration, se traduisant par 4.500 licenciements, soit 40% de ses effectifs. Il avait également fait part de résultats financiers catastrophiques au titre du deuxième trimestre de son exercice: chute de 45% du chiffre d'affaires, à seulement 1,6 milliard de dollars, et perte opérationnelle comprise entre 950 et 995 millions de dollars.

Le pionner canadien des smartphones a fortement échoué dans sa tentative de reconquête du marché face à Apple, Samsung et autres fabricants asiatiques. Lancés fin janvier, ses nouveaux terminaux, équipés d'un système d'exploitation plus moderne, n'ont jamais trouvé leur public. Aussi bien auprès du grand public que de la clientèle professionnelle. Le fabricant se retrouve désormais avec un important stocks d'invendus.

Cet échec retentissant mettait en péril sa survie. Pour le Conseil d'administration, la seule solution était une vente. La faible prime obtenue de la part de Fairfax témoigne de l'urgence. Mais aussi du faible intérêt suscité par une entreprise engagée dans une spirale infernale, malgré les efforts des banques JPMorgan et RBC, mandatées l'an passé pour trouver un acquéreur.

Si cette opération aboutit, sa première conséquence serait un retrait immédiat de la cote de la société, lui permettant de se réinventer à l'abri du regard et des exigences financières des marchés. Côté stratégie, Fairfax veut "mettre l'accent sur des solutions d'entreprises de qualité supérieure et sécurisée", explique Prem Watsa, son patron.

Ces termes, encore flous, pourraient bien indiquer que BlackBerry ne produira plus de terminaux à l'avenir, pour se concentrer sur la fourniture de services. "Je ne vois pas comment ils pourraient signifier quelque chose de différent", confirme Carolina Milanesi, du cabinet Gartner.

L'image de marque de Blackberry, notamment en matière de sécurité et de confidentialité, reste forte auprès des directeurs informatiques. En juin, la société a rendu son système de gestion de flotte de smartphones (BlackBerry Enterprise Service 10) compatible avec les appareils équipés d'iOS d'Apple et d'Android de Google. Cela a permis de porter le nombre de clients de 19.000 à 25.000 en quelques semaines. Une petite lueur d'espoir.

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés