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Cacophonie sur les tarifs du web mobile en Belgique

Particulièrement rémunérateur, le marché du web mobile belge se distingue par une disparité de tarifs impressionnante.

Une étude d’un cabinet américain peu connu sous nos latitudes, Tableau Software, fait actuellement le tour du net. Et pour cause: elle juge la Belgique le deuxième pays le plus cher au monde pour l’internet mobile! Le coût moyen du gigaoctet de téléchargement s’élève selon elle à environ 17 euros en Belgique ou 18 en France, mais à seulement 9 euros aux États-Unis et... 38 cents à Singapour.

Si cette enquête ne se distingue pas réellement par son sérieux (elle établit une moyenne entre les offres les plus chères et les moins chères d’un ou deux opérateur(s), dans le cas belge de Mobistar uniquement), elle pointe néanmoins un constat qui ne manque pas d’étonner.

Un "joyeux" désordre

Or, un petit tour d’horizon des tarifs pratiqués par les trois grands opérateurs belges ne dément pas vraiment ces résultats.

Première constatation, l’éventail d’offres et de tarifs est particulièrement large et parfois à la limite du brouillon en Belgique.

Les offres sont en effet déclinées sous forme d’abonnements complémentaires, de forfaits à la carte, voire de cartes prépayées.

Avec certains records à la clé: on retiendra notamment les 5.000 euros par gigaoctet pour l’utilisateur malheureux qui ne modifierait pas sa formule tarifaire chez Belgacom et qui se révélerait particulièrement actif sur le web avec son GSM.

"Pour éviter ce genre de problèmes, nous avons mis en place des systèmes de ‘warnings’ où nous prévenons les utilisateurs de smartphones par sms, comme ce qui se fait pour le roaming", explique Frédérique Verbiest, porte-parole de Proximus.

Un surfeur averti optera donc plutôt pour l’une des autres formules proposées par Proximus, qui vont de 49 à 100 euros par gigaoctets pour le surf via GSM. Chez Mobistar, les offres varient de 15 à 100 euros par giga, tandis qu’elles s’échelonnent, chez Base, de 20 à 500 euros.

À noter également: les prix des volumes de téléchargement supplémentaires dans le cas d’offres spécifiques pour GSM. Alors que Base maintient les mêmes tarifs dans le cas de dépassement, Mobistar facture 100 euros le giga supplémentaire. Chez Proximus, le surplus varie de 30 à ... 150 euros en fonction de la formule tarifaire choisie. "Mais il est important de préciser qu’il est très rare que des utilisateurs dépassent la limitation de leur forfait", expliquePatti Verdoodt, porte-parole du groupe Mobistar. D’après Test-Achats, la consommation moyenne d’un internaute mobile en Belgique tourne autour des 200 mégaoctets par mois. "Avec de grosses variations tout de même et une évolution rapide, si on prend en compte le fait qu’une seule vidéo sur Youtube représente 30 mégaoctets", ajoute David Wiame, spécialiste télécoms de Test-Achats. Et l’avènement prochain des réseaux de 4ème génération ne devrait pas ralentir la cadence.

Bouleversé par l’iPad

Inutile néanmoins de crier au scandale, puisque ces différentes offres ont été bouleversées par l’arrivée de l’iPad, la tablette numérique d’Apple. Cette sortie a en effet été l’occasion pour les opérateurs de rivaliser d’annonces proposant des tarifs plus intéressantes pour le data mobile. D’où des offres ciblées chez Mobistar et Proximus: 16,66 à 20 euros par gigaoctet chez Mobistar, et 16,66 euros ou des cartes rechargeables à 20 euros par gigaoctet chez Proximus. Une parité parfaite que les opérateurs, étonnamment, ne s’expliquent pas. Précision importante, certains de ces "forfaits iPad" peuvent être utilisés dans le cas d’un smartphone classique.

Pas d’offre spécifique chez Base, qui laisse cela à ses opérateurs virtuels (MVNO), la palme revenant à l’option "Data" de Allo RTL, qui offre le gigaoctet à 5 euros. Il importe néanmoins de préciser que dans le cas de Base et de ses MVNO, la vitesse de connexion et de téléchargement est plus faible que sur les réseaux concurrents.

Si l’on récapitule, le gigaoctet de téléchargement mobile pourra donc être théoriquement facturé de 5... à 5.000 euros.

"Rien d’étonnant"

Cette spectaculaire variété de tarifs, parfois très onéreux, est loin de surprendre chez Test-Achats. "C’est assez caractéristique du marché belge, qui n’est que peu concurrentiel et où les opérateurs prennent leur temps pour adapter les tarifs à la consommation", explique David Wiame, qui ajoute que "c’était exactement la même chose pour l’internet fixe".

Test-Achats prévoit d’ailleurs de réaliser prochainement une étude, tout à fait sérieuse cette fois, à l’échelle européenne sur les prix pratiqués. Il n’empêche, on précise chez Mobistar qu’au vu de la nette augmentation du volume de données, les offres devraient rapidement être adaptées. Une réaction qui ne devrait pas déplaire puisque la grogne commence à monter chez les clients membres de l’association de défense des consommateurs. Du côté de l’IBPT comme de Test-Achats, on fonde un peu d’espoir sur l’arrivée d’un 4ème opérateur, qui devrait augmenter la concurrence.L

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