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Stéphane Richard, le patron d'Orange, quittera son poste

Le PDG d'Orange a été rattrapé par la justice. À l'issue d'une réunion de son conseil d'administration, le groupe de télécommunications français a annoncé qu'il quittera son poste.

L'avenir de Stéphane Richard n'est plus à la tête d'Orange. Le groupe de télécommunications – dont 23% du capital est détenu par l'État français – a convoqué un conseil d'administration pour discuter de sa gouvernance à la suite de la condamnation de la Cour d'appel, mercredi 24 novembre, à l'encontre de son PDG dans l'"affaire Tapie" qui plane sur ses épaules depuis des années. Le verdict est finalement tombé: Orange a accepté le départ de son PDG et le remplacera le 31 janvier prochain au plus tard.

Ce haut fonctionnaire de l'État, diplômé de HEC puis de l'ENA est condamné à un an de prison et 50.000 euros d'amende pour complicité d'escroquerie et de détournement de fonds publics dans le processus d'arbitrage en faveur du défunt Bernard Tapie. Dans cette affaire mettant fin au contentieux qui l'opposait depuis 1994 au Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas, l'homme d'affaires, ancien ministre de François Mitterrand, avait alors reçu quelque 400 millions d'euros payés par l'État en 2008. 

Bras droit de Christine Lagarde

Visiblement choqué par cette décision de justice, Stéphane Richard nie toute infraction et affiche sa volonté de rester en poste jusqu'à la fin de son mandat en mai 2022. Il ne manque pas d'ailleurs, en retour, de "charger" l'actuelle présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, à l'époque ministre de l'Économie dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy, et dont, lui-même était le directeur de cabinet. "C'est à ne rien y comprendre et profondément injuste. Je n'ai fait qu'exécuter la décision ministérielle d'aller à l'arbitrage, qui a totalement été assumée par Christine Lagarde. Qui a d'ailleurs été condamnée pour une simple négligence" dans cette affaire, rappelle-t-il, s'estimant pris pour un fusible.

Pour autant, Christine Lagarde avait, lors de son audition devant la Cour de Justice de la République, assumé sa responsabilité dans la décision de l'arbitrage. Des proches de Stéphane Richard ont également rappelé qu'à l'époque, ce dernier avait sans conteste été un des interlocuteurs clés des grands patrons dans les dossiers sensibles, aux côtés du secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant. "Il était comme un vice-ministre", admettait son ami le banquier d'affaires, Philippe Villin, dans un article du journal Le Monde de juin 2013.

Incapable de choisir entre DSK et Sarkozy

Anciennement proche de Dominique Strauss-Kahn à gauche, puis de Nicolas Sarkozy à droite pour lequel il a voté en 2012, Stéphane Richard, toujours dans un entre-deux, s'en est jusqu'alors bien sorti. En avril 2013, lors d'un rendez-vous à l'Élysée, François Hollande, alors président lui avait assuré: "Je ne demanderai pas la démission de Christine Lagarde du FMI si elle est mise en examen. En parallèle, je ne demanderai pas non plus la tienne."

Le mandat de Richard à la tête du groupe arrivait initialement à son terme mi-2022. Son départ "sera effectif à compter de la mise en place d'une nouvelle gouvernance et au plus tard le 31 janvier 2022", a précisé Orange, ajoutant qu’il continuera d'exercer ses fonctions jusqu'à ce moment.

Le profil

1961: Naissance à Caudéran en Gironde.

1991: diplômé de HEC puis de l'ENA.

1992: il rejoint la Compagnie Général des Eaux (CGE) dirigée par Jean-Marie Messier.

2007-2009: il devient directeur de cabinet du ministre de l'Economie Jean-Louis Borloo puis pendant un mois auprès de Christine Lagarde.

2010: Directeur général de France Télécom.

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