Pour Mark Eyskens, "une sécession fera de la Flandre une sorte de Kosovo"

Une victoire des partis séparatistes aux élections de juin pourrait avoir des conséquences "graves et négatives pour l'avenir économique de notre pays", affirme Mark Eyskens, ancien premier ministre et ministre d'Etat, dans Le Soir vendredi. Mais il estime qu'on parlera de plus en plus de scission du pays en Flandre, surtout si les francophones continuent à dire non à toute réforme de l'Etat.

La victoire de partis comme la N-VA et le Vlaams Belang aux élections de juin pourrait par exemple provoquer la dégradation de la note de la Belgique sur les marchés internationaux. "Une hausse des taux d'intérêts est évidemment une catastrophe pour le budget de la Belgique, une catastrophe pour les investissements et donc une catastrophe pour l'économie", souligne-t-il.

S'il reconnaît qu'on parle de scission en Flandre, Mark Eyskens estime que cela ne se fera jamais "pour la simple raison qu'il faudrait modifier la Constitution et que les francophones et les Bruxellois ne l'accepteraient jamais." La seule solution des Flamands serait alors de faire sécession.

"Mais ce qu'on sous-estime en Flandre, c'est qu'en cas de sécession, la Wallonie et Bruxelles continueront à former la Belgique - une "petite Belgique"- sur le plan international", explique-t-il.

La Flandre se retrouverait dans une situation similaire à celle du Kosovo, avec des Etats qui rechigneraient à reconnaître son indépendance.

"Les Flamands doivent aussi se rendre compte que Bruxelles deviendra une ville presque exclusivement francophone", rappelle-t-il. "La frontière d'une République de Flandre se situerait donc au nord de Bruxelles." (LEE)

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