Agression d'un adolescent dans un TGV vers Lyon: le suspect nie le caractère antisémite

Yassine, un Montpelliérain de 18 ans soupçonné d'avoir agressé un jeune juif de 17 ans dans le TGV entre Toulouse et Lyon mercredi dernier, nie avec force le caractère antisémite de l'altercation, a déclaré lundi sa cousine à l'agence Belga, confirmant ainsi des informations parues dans le Midi Libre.

Les faits remontent à mercredi soir, quand la victime rentrait en train de Toulouse à Villeurbanne, chez ses parents, après avoir passé son bac. Il a raconté aux enquêteurs avoir été pris à partie et insulté par l'un de ses agresseurs présumés, alors qu'il téléphonait à son frère, qui porte un prénom juif.

Sur la plate-forme du wagon, la victime aurait commencé à être frappée par le jeune homme, bientôt rejoint par son ami. Durant la bagarre, seul l'un des deux a fait référence à son judaïsme, avait relaté l'adolescent. L'agression prétendument antisémite avait rapidement provoqué une vive émotion dans la communauté juive, d'autant que l'adolescent était scolarisé à l'école Ozar Hatorah de Toulouse, où Mohamed Merah avait tué en mars trois enfants et un père de famille.

Yassine, quant à lui, explique qu'avec son collègue, il se rendait à Lyon pour passer des tests pour rentrer dans l'armée. "Une heure après le départ, j'entends un jeune qui parle constamment dans son portable, alors qu'on n'a pas le droit de téléphoner depuis les wagons", relate-t-il. "Je me retourne pour lui demander de parler moins fort. Au bout de dix minutes, il recommence, je me retourne encore, il me fixe pendant dix secondes et me fait un signe de la tête, genre: 'Viens dehors'."

Une bagarre a alors éclaté entre les deux jeunes, mais Yassine nie formellement un quelconque motif religieux. "Les témoins ont dit que je n'ai pas eu de propos antisémites, mais c'est vrai qu'il y a eu un moment dans la bagarre où on n'était que tous les deux. Moi, je sais que je n'ai rien dit. Lui raconte qu'on l'a agressé parce qu'on a entendu le prénom de son frère, mais comment il s'appelle, son frère ? A l'heure qu'il est, je ne connais pas leur prénom."

Le parquet avait lui-même rapidement pris des précautions avec le "caractère antisémite" de l'agression, immédiatement pointé par le ministère de l'Intérieur, affirmant qu'en l'état de l'enquête, il demeurait "incertain". "Des indices dans le sens du caractère antisémite des violences existent, mais ils ne résultent pour l'instant que des déclarations de la victime", a précisé le parquet. (PVO)

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