Burundi: large victoire du CNDD-FDD (au pouvoir) aux législatives

Le parti au pouvoir au Burundi, le Conseil national pour la Défense de la Démocratie-Forces de Défense de la Démocratie (CNDD-FDD, a obtenu une très large victoire aux législatives de vendredi boycottées par l'opposition, avec 81 des 106 sièges de la nouvelle Assemblée nationale, a annoncé mardi la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

"Le parti CNDD-FDD a remporté 81,19% des votes et obtient 81 sièges au sein de l'Assemblée nationale, l'Uprona (opposition, majoritairement tutsi) a eu 11,06% (des voix) et obtient 17 sièges et enfin, le Frodebu nyakuri iragi rya Ndadaye a cinq sièges avec un score de 5,88% des voix", a annoncé le président de la Ceni, Pierre Claver Ndayicariye, au cours d'une cérémonie officielle à Bujumbura.

Les principaux partis d'opposition avaient maintenu vendredi leur boycott entamé peu après les élections communales du 24 mai, entachées selon eux de fraudes massives et remportées par le parti du président Pierre Nkurunziza réélu en juin.

La répartition de la nouvelle Assemblée nationale résulte également de la cooptation de deux Tutsis (ethnie minoritaire, 14%) et d'un Hutu (85% de la population) au sein des trois partis arrivés en tête, en vue de respecter l'équilibre ethnique défini par la Constitution du pays qui prévoit 60% de Hutu et 40% de Tutsi à l'Assemblée.

"Au total, l'Assemblée nationale va compter 106 membres, c'est-à-dire 62 Hutus, 41 Tutsis et trois Twas cooptés au sein des associations représentatives de cette ethnie (1% de la population). Elle doit comprendre 34 femmes pour tenir compte du minimum d'au moins 30% de femmes exigé par la Constitution", a précisé M. Ndayicariye à l'AFP.

Le taux de participation aux législatives est de 66,68%, loin derrière les 90,67% des communales du 24 mai et les 76,98% enregistrés lors de l'élection présidentielle du 28 juin.

"Tous les observateurs ont pu constater que les élections se sont déroulées dans un climat apaisé à travers tout le pays. Au nom de la Ceni, nous avons l'honneur et la joie d'exprimer les remerciements à tout le peuple burundais qui a prouvé sa maturité politique et son attachement profond aux idéaux de paix, de tolérance et de respect mutuel", s'est félicité le président de la Ceni, sans faire aucune allusion au boycott de l'opposition.

Dimanche, la mission d'observation électorale (MOE) de l'Union européenne avait salué le "calme" lors du scrutin, tout en condamnant les "assassinats ciblés" et en dénonçant la multiplication des arrestations dans les rangs de l'opposition, estimées à plus de 200 au cours des deux derniers mois.

La MOE avait "également constaté tout au long du processus électoral l'augmentation des atteintes aux libertés de réunion, de manifestation et d'expression politique".

Selon la Constitution burundaise, tous les partis ayant obtenu plus de 5% entrent au gouvernement. L'Uprona, en tant que premier parti tutsi, obtiendra en plus le poste de premier vice-président de la République.

La société civile ainsi que de nombreux diplomates se sont dits inquiets de l'ampleur de la victoire du parti au pouvoir.

"On ne va pas utiliser cette force pour écraser les autres, mais on va plutôt privilégier le dialogue et la recherche permanente du consensus", a assuré le président du CNDD-FDD, Jérémie Ngendakumana. (ALB)

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