Elections en Afghanistan: l'opposition accuse le gouvernement de manipulations

Le principal opposant au président afghan Hamid Karzaï, Abdullah Abdullah, a accusé vendredi le gouvernement d'instrumentaliser la justice pour modifier les résultats des législatives du 18 septembre, marquées par un recul du camp présidentiel selon les analystes.

"Le gouvernement voulait faire annuler l'élection et il a fait tout ce qu'il a pu pour cela. Mais il a échoué et il utilise maintenant le parquet pour faire pression sur les commissions électorales" et changer les résultats, a déclaré M. Abdullah.

"Le procureur général a prouvé depuis un mois qu'il n'est pas indépendant et qu'il est loyal au palais présidentiel", a-t-il ajouté.

La veille, le procureur général d'Afghanistan, Mohammad Ishaq Alko, avait annoncé l'ouverture d'une enquête criminelle sur les fraudes lors de ce scrutin, visant notamment des responsables de la Commission électorale indépendante (CEI) et de la Commission électorale des plaintes (ECC), les deux organes chargés de valider les résultats de l'élection.

"Si ces accusations (...) sont avérées, la légitimité de ces élections va être sérieusement entamée", avait précisé l'adjoint de M. Alko, le procureur Rahmatullah Nazari.

Un responsable de l'ECC a dénoncé vendredi les pressions exercées par la justice et des proches du gouvernement pour empêcher la disqualification de candidats accusés de fraudes lors des législatives.

M. Abdullah, qui avait été le dauphin du président Karzaï lors de l'élection présidentielle de 2009, elle aussi entachée de fraudes massives, a assuré mercredi que ses partisans avaient emporté près d'un tiers des 249 sièges à l'Assemblée nationale (Wolesi Jirga).

(AUM)

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