Le Mémorial de Caen s'ouvre au travail d'un prêtre sur la "Shoah par balles"

Le Mémorial de Caen (nord-ouest de la France) a annoncé mercredi avoir a reçu près de 150 objets ramenés d'Europe de l'Est par un prêtre catholique qui enquête depuis 2004 sur les exécutions de masse par balles de juifs et de tziganes pendant la Seconde Guerre mondiale.

"C'est un témoignage unique au monde. Ces objets sont autrement plus importants qu'une veste de GI dans un musée qui s'attache à démontrer qu'une des spécificités de la Seconde Guerre mondiale c'est d'avoir fait plus de victimes civiles que de victimes militaires", a déclaré le directeur du Mémorial Stéphane Grimaldi lors d'une conférence de presse.

Jouet, chaussure d'enfant, bijou ou gobelet avec des inscriptions en hébreux, "ces objets ont été retrouvés aux abords des fosses où sont enterrées les victimes ou bien ont été donnés par des témoins que nous avons rencontrés", a ajouté le père Patrick Desbois.

Avec une équipe d'une vingtaine de permanents, le prêtre, directeur du service national pour les relations avec le judaïsme, rattaché à la Conférence de évêques de France, a interrogé et filmé 1.580 Ukrainiens, Biélorusses et Russes, témoins de ces exécutions, selon l'association Yahad-in Unum ("Ensemble en hébreux et en latin") qu'il préside.

Au moins 1,5 million de Juifs ont été exterminés par balle en Europe de l'Est pendant la Seconde Guerre mondiale. "Nous avons également identifié 35 sites d'extermination de Roms", a dit le père Desbois, soit plusieurs milliers de victimes selon l'association.

La Shoah a fait cinq à six millions de victimes.

(GFR)

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