RDC/législatives: des irrégularités dans la compilation des résultats

Les opérations de compilation des résultats des élections législatives de la fin 2011 en République démocratique du Congo ont été entachées d'irrégularités qui posent la question de la "légitimité des résultats", a dénoncé dimanche une mission nationale d'observation.

Cette mission regroupant quatre ONG, qui a déployé près de 2.700 observateurs pour la compilation, a notamment relevé dans un rapport une mauvaise gestion des procès verbaux (PV) de dépouillement, "l'obstruction" au travail des observateurs et des témoins, une compilation "opaque et incomplète", ou des cas de "falsifications" de résultats dans certains Centres locaux de compilation (CLCR).

Dans un souci de "transparence et de crédibilité", la Commission électorale (Céni) a annoncé vendredi le report au 26 janvier de la publication -initialement prévue le 13- de la totalité des résultats des législatives, qui se sont déroulées le 28 novembre 2011 avec la présidentielle, remportée par le chef de l'Etat sortant Joseph Kabila.

Ce dernier a devancé l'opposant Etienne Tshisekedi qui s'est autoproclamé "président élu" après avoir rejeté les résultats et dénoncé de nombreuses irrégularités, constatées également par plusieurs pays, des missions d'observation et l'Eglise catholique congolaise.

Pour les législatives, dans "nombre de circonscriptions" les PV n'ont pas été signés par les témoins des partis et des candidats ou simplement remis à ces derniers, en violation de la loi électorale, relève le rapport de 15 pages.

"La question de la légitimité des résultats" des deux scrutins "est posée", estime le rapport. "Si cette question ne connaît pas un début de solution par une médiation politique et un accord minimum, il y a des risques que les institutions et les personnes issues des élections du 28 novembre rencontrent des réelles difficultés de gestion des populations dans les années à venir", conclut la mission d'observation.

Cette dernière met aussi en cause la légitimité de la Céni pour la suite du processus électoral, qui doit se poursuivre jusqu'en 2013 avec des scrutins provinciaux et locaux.

(BAJ)

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