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Bjørn Van Poucke: "L'art est une thérapie, le dur labeur une évasion"

Le curateur d’art Bjørn Van Poucke nous parle de ce qui le fait se lever de sa chaise: Banksy, sa psy et la chasse aux canapés.

Quelle est votre chaise préférée? "Pour la Ruby Gallery, nous voulions un élément cosy, comme un canapé, mais trois jours avant l’ouverture, nous n’en avions toujours pas. Nous avons donc pris la route pour Liège, où nous sommes allés chiner dans l’entrepôt d’un marchand de design et où nous avons trouvé cette banquette sixties. C’est exactement ce que nous recherchions."

Bjørn est directeur artistique...

  • ... de la Ruby Gallery
  • ... de la galerie All About Things
  • ... du festival The Crystal Ship à Ostende

Et il est l'auteur d’ouvrages consacrés au street art.

Qui aurait sa place au dîner de vos rêves? "Banksy, parce qu’il m’a initié au monde de l’art quand j’étais ado. Je me fiche de connaître sa véritable identité, je voudrais juste lui parler de la façon dont il a démocratisé l’art. L’artiste américaine Jenny Holzer serait également invitée. Sur un panneau LED, elle diffuse des slogans très forts, étroitement liés à l’actualité. Jean-Michel Basquiat serait mon troisième invité. Il vient de la street culture, mais a fini par se retrouver dans le monde de l’art le plus élitiste."

Qu’est-ce qui vous fait lever de votre chaise? "Le street art: cela fait 15 ans que j’essaye de le faire accepter, y compris par les villes. J’organise quarante projets artistiques par an, plus six expositions en galerie. La dernière, ‘Stars are never sleeping’, m’a rendu positivement nerveux; oui, et ça fait du bien."

Que faites-vous quand quelque chose vous tracasse? "J’ai consulté une psy pour la première fois il y a cinq ans, pour gérer un grave traumatisme d’enfance dont je n’arrivais pas à me défaire. C’était dix ans trop tard, je m’en rends compte aujourd’hui. Je le recommande à tout le monde: ma psy m’a aidé à gérer mon trouble de stress post-traumatique. Dans ma jeunesse, j’ai dû me battre pour survivre. En fait, je suis toujours en mode survie. Pour moi, l’art est une thérapie. Et travailler dur, une sorte d’évasion. C’est ce qui explique ma motivation sans limites."

Bjørn Van Poucke, curateur d’art, est assis sur le coin de sa banquette préférée, qu’il a chinée un mardi soir à Liège. ©Hannes Vandenbroucke

Vous arrive-t-il de vous poser? "C’est rare, mais j’ai dû apprendre. Il y a dix ans, j’ai eu deux burn-out. Depuis lors, je suis plus à l’écoute de mon corps. Je peux désormais reconnaître les signaux annonciateurs."

Qu’est-ce qui vous a récemment fait tomber de votre chaise? "Au mois de mai, après un an et demi d’isolement forcé lié à la pandémie, je suis allé à la foire d’art Urvanity à Madrid, où nous avons exposé pour la première fois avec la Ruby Gallery. Parmi ces milliers de gens, je me suis d’abord senti mal à l’aise, mais, très vite, j’ai été heureux de pouvoir à nouveau sortir pour voir de l’art, des amis et des artistes."

"Stars are never sleeping": jusqu’au 22/10 à la Ruby Gallery, Boulevard de Dixmude 19 à Bruxelles. www.rubygallery.be

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