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De tous les modèles d'Austin-Healey, il ne lui en manque qu'une seule

Ainsi, le père et le fils possèdent la collection la plus complète d'Austin-Healey du monde, chien compris. ©Dries Luyten

Visite au fil des garages belges. Cette semaine: chez Marc et Bruno Verstraete, peut-être les plus grands connaisseurs d'Austin-Healey du pays.

Bruno Verstraete (45 ans) vit et travaille à Zurich, où il a été le président de l'Austin-Healey Club Switzerland. "Tout a commencé en 2000, quand j'ai acheté la MK III BJ8 (1967). J'avais mal compris le prix demandé et j'ai fait une offre supérieure!", se souvient-il. "Un vrai coup de foudre!"

La 100-4 BN1 (1954) est une des six voitures que le carrossier D'Ieteren avait pourvues d'un toit fixe, peut-être pour la course: il n'en reste que deux aujourd'hui.

Nous sommes accueillis chez ses parents. En effet, son père, Marc (72 ans), a également craqué: il a presque tous les modèles d'Austin-Healey, soit 15 voitures. "Il ne manque plus que l'Eliott." Elles sont en Belgique et en Suisse: la Healey Westland (1948) et la très recherchée Silverstone (1949) ne sont pas ici et la Sprite Sebring (1965) se trouve au musée du constructeur, aux Pays-Bas. "Cette voiture pèse 470 kilos. Elle est propulsée par un petit 1300 cc et monte à 250 km/h", explique le collectionneur. "Au cours des 12 heures de Sebring, en Floride, en 1965, Clive Baker et Rauno Aaltonen, deux pilotes de rallye, ont dépassé des bolides douze cylindres sous une pluie battante malgré les petites roues. C'est la nôtre: le trou qu'ils ont foré dans le plancher pour le drainage est toujours là."

"Viens Healey, on va au garage!" Healey, c'est aussi le nom de son chien. Il nous suit au garage où se trouve la 100-4 BN1 (1954), la plus ancienne de la maison. "C'est une des six voitures que le carrossier D'Ieteren avait pourvues d'un toit fixe, peut-être pour la course: il n'en reste que deux aujourd'hui. Le vendeur ne voulait pas qu'un acheteur retire le toit, ce que beaucoup avaient l'intention de faire. La 100M Le Mans Roadster restaurée (1956) est une des 640 qui ont été construites pour la course. Ces voitures ont 25 cv en plus, ce qui était fort apprécié par les pilotes américains."

La Healey Abott Drophead Coupé (1952) participera d'abord à un concours d'élégance avant de devenir la voiture familiale de l'été. ©Dries Luyten

La 100 S (1955) a été construite à 55 exemplaires. "Il en reste 38 d'origine -il y a beaucoup de répliques", commente Verstraete. "Dès 1955, elles ont remporté des courses sur le circuit de Sebring (Sterling Moss est arrivé en sixième position) , d'où le 'S'. Ensuite, elles ont couru aux États-Unis et au Canada. Les 'gentlemen drivers' la prenaient pour se rendre au circuit, participaient à la course et, ensuite, rentraient chez eux, tout simplement. Elle est légère et, avec 32 ch pour 850 kilos, elle est aussi très souple."

La Healey Abbott Drophead Coupé (1952), construite à 77 exemplaires, était ultra rapide pour l'époque, bien qu'elle n'en donne pas l'impression. Le châssis est en acier et la carrosserie, en bois sur aluminium: elle ne pèse que 1.000 kilos et tout est sur mesure."

Marc Verstraete, ex-dirigeant de l'entreprise textile familiale.
Voiture de tous les jours: BMW 630i Coupé (2003).
La première: Mini (1970).
La meilleure: Triumph Dolomite Sprint (1978).
La pire: Rover SD1 Diesel (1983).
Le rêve: McLaren F1.

Bruno Verstraete, gestionnaire d'investissement et partenaire de Lakefield.
Voiture de tous les jours: BMW 750i (2011) et Volvo V50 Diesel (2009).
La première: Mini Metro (1990).
La meilleure: Austin-Healey 100 S (1955).
La pire: Austin A90 Atlantic (1948).
Le rêve: Austin-Healey 3000 Works Rally Car.

Zéro kilomètres au compteur: au bout de sept ans de restauration, elle est enfin prête. Marc, le père, a fait à peu près la moitié du travail et a suivi de près l'autre moitié. Le résultat est impressionnant. "Trouver les pièces d'origine dont les interrupteurs en bakélite demande du temps", explique Verstraete fils. "J'ai des bons contacts avec la famille Healey. Peter, le petit-fils de Donald, est un ami. Nous allons la faire participer à quelques concours d'élégance et, ensuite, cet été, je l'utiliserai comme voiture familiale. En Suisse, les ancêtres bénéficient d'un traitement plus favorable qu'ici: ils peuvent circuler sans problème dans les zones à faibles émissions, il ne faut qu'une seule plaque d'immatriculation pour cent voitures et une seule assurance pour la voiture qui a le plus de valeur. Voilà pourquoi je les utilise beaucoup. Les gens adorent les voitures qui ont une histoire, mais après, ils les laissent au garage et mettent ainsi fin à l'histoire."

Austin-Healey a été présentée au London Motor Show de 1952. "Contrairement à toute attente, le public est tombé sous le charme de la Healey 100 au point qu'il a fallu placer des barrières de protection! Leonard Lord, patron d'Austin, a également été impressionné par la création de Gerry Coker. Austin a produit des Healey en échange de royalties, et le logo de la marque a changé du jour au lendemain."

La petite Sprite Mk1 dite 'frog eye' (1959). ©Dries Luyten

"En 2009, à bord de ma Healey 100 S Endurence Car (1954), j'ai roulé dans le désert de sel de Bonneville. C'est à bord de cette même voiture que l'équipe de Donald Healey a battu le record de 24 heures à près de 230 km/h, ravitaillements et changements de pneus compris. Et il a établi un record de vitesse à 310 km/h avec la 'Streamliner'. C'est en son honneur que nous y sommes revenus, avec 250 fans. C'était l'événement de ma vie!

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