Mads Mikkelsen en survivant du grand blanc

©The Jokers

Tourné en Islande dans des conditions réelles, voici un film de survie minimaliste avec un Mads Mikkelsen en grande forme.

"Arctic"

Note : 3/5

De Joe Penna.

Avec Mads Mikkelsen, Maria Thelma Smáradóttir,…

Chouette, un film de survie! Au fil des années, c’est devenu un genre en soi, tant il permet une grande identification avec le héros, trimbale le spectateur dans des paysages grandioses, et le plonge dans un ailleurs absolu: celui de la lutte contre les éléments – et contre la folie qui rode. On pense à Leonardo DiCaprio dans "The Revenant", pour une quête en forme de vengeance; à James Franco dans "127 heures", survie immobile où l’homme devra se résoudre à l’automutilation; ou à Matt Damon dans "Seul sur Mars", avec comme seul espoir quelques salades dans un sol particulièrement aride.

Ici, c’est le grand froid de l’Arctique (l’Islande pour le tournage) qui servira de prétexte à la solitude la plus absolue, et aux conditions dantesques. Aux commandes, surprise: Joe Penna, un jeune youtubeur brésilien spécialiste de chansons amusantes et de formats courts. Il choisit un axe résolument à l’opposé de son univers: hyperréaliste et minimaliste.

On ne sait presque rien sur le héros, ingénieur échoué dans les glaces après un accident d’avion. Aucun flash-back pour nous en dire plus sur son passé, et tant mieux: le héros est nu, ce qui permet à chacun de s’identifier à lui.

Les jours s’enchaînent aux jours, il est presque absent de lui-même, et quand il perd un poisson sur une ligne, la réaction est quasi nulle. Dans un autre film on aurait droit aux cris, aux pleurs. Ici, on passe au poisson suivant en gardant ses forces. Question de survie. Pour nous livrer ce strict minimum tout en restant dans la richesse psychologique, il fallait un Mads Mikkelsen. Celui qui a fait les beaux jours du cinéma danois avant de devenir une star, nous démontre qu’il ne faut pas grand-chose pour dire avec intensité toute l’humanité. Un seul plan lui suffit pour créer l’attachement instantané au personnage.

Sans tout dévoiler, cet exercice de survie monastique sera bientôt interrompu par un événement inattendu. Robinson va rencontrer son Vendredi. Cette nouvelle présence change tout. Celui qui devait traquer une parcelle de complicité dans l’œil du poisson qu’il venait de pêcher va enfin pouvoir recréer une relation à l’autre.

À partir de là, le film commence à perdre sa belle radicalité pour enchaîner les situations "dramatiquement riches", mais qui peuvent toutefois se mettre à sentir le déjà-vu. Certes, on sent que les conditions de tournage furent très proches de la réalité. Certes, Mikkelsen reste excellent jusqu’au bout. Mais on est un peu nostalgique de ce début "tendu" où le moindre petit changement dans le quotidien recelait soit un désastre, soit un miracle.

Arctic, la bande annonce

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