Premiers remboursements en Belgique des tests d'OncoDNA

Les tests de profilage génétique conçus par la société wallonne pour les patients atteints de cancers métastasiques vont faire l'objet d'un remboursement partiel de la part de la Mutualité libérale Hainaut-Namur.

De bonnes nouvelles pour certains patients belges atteints d'un cancer avancé: les tests de profilage génétique de la société wallonne OncoDNA vont faire l'objet d'un remboursement partiel de la part de la mutualité libérale Hainaut-Namur. Une première en Belgique, précise la biotech de Gosselies, qui parle d'un "grand pas vers la médecine de précision".

Les produits d'OncoDNA associent des tests avancés et complets de biomarqueurs pertinents du cancer à une base de données de connaissances sur le traitement de cette maladie. Ce qui permet aux oncologues de prendre des décisions thérapeutiques éclairées et de fournir aux patients les traitements disponibles les mieux adaptés. Décrypter les caractéristiques d'une tumeur d'un patient offre en effet des perspectives de prise en charge thérapeutique inédites. Cela a encore été démontré récemment via une étude rassemblant une trentaine d'hôpitaux et portant sur un millier de patients en fin de vie et en échec thérapeutique. L'utilisation d'un test d'OncoDNA a permis une amélioration de la survie à plus d'un an de plus d'un quart des patients.

Ces tests de diagnostic moléculaire, qui sont les plus complets existants (profils ADN, ARN et protéines), ne sont pas remboursés par l'Inami. La Mutualité libérale Hainaut-Namur a décidé de jouer les précurseurs: désormais, chaque membre adulte souffrant d'un cancer solide de stade 3 ou 4 en échec thérapeutique en première ligne bénéficiera d'un remboursement partiel de l'analyse de leur tumeur grâce au test OncoDeep. L'intervention de la mutuelle sera de 1.500 euros, soit environ la moitié du coût. La démarche a été approuvée par l'office central des mutualités, qui doit entériner toute nouveauté.

OncoDeep est le test le plus large de la firme, dont il constitue environ 50% des ventes. Il couvre à la fois l'immunothérapie, les thérapies ciblées ou la chimiothérapie. "Ce qui est innovant et c'est là où la Mutualité prend le plus de risques, c'est qu'elle a accepté le remboursement après l'échec du traitement de première ligne, a souligné Jean-Pol Detiffe, CEO de l'entreprise. Ce qui est quand même pas mal pour les patients. On évite les pertes de temps et les traitements inefficaces. Aller directement au meilleur traitement est crucial."

Pour la biotech carolo, cette annonce intervient quelques mois après qu'un certain nombre de grands assureurs privés britanniques ont fait savoir qu'ils remboursaient entièrement plusieurs des tests d'OncoDNA (cancers solides mais aussi liquides). D'autres remboursements d'assurances commencent également à intervenir ailleurs dans le monde, en Afrique du sud, en Malaisie et à Singapour. OncoDNA a aussi été sélectionnée comme prestataire de services de diagnostic moléculaire pour un projet pilote de deux ans au Luxembourg. Des succès "qui confirment l'intérêt croissant pour nos solutions mais aussi pour la personnalisation des traitements du cancer, fait encore valoir Jean-pol Detiffe. Après la reconnaissance scientifique, on assiste graduellement à une reconnaissance pharmaco-économique. On commence à avoir à travers l'Europe une base d'oncologues qui adorent ce que l'on fait en termes de recommandations."

Créée en 2012, OncoDNA, sacrée notamment Entreprise prometteuse de l'année en 2015, connaît un développement impressionnant. Elle occupe aujourd'hui une soixantaine de collaborateurs, dont plusieurs à l'étranger. Elle a été recapitalisée en septembre 2016 avec notamment l'entrée de Sofinim, filiale du holding flamand coté Ackermans & van Haaren (AvH) et de la SRIW.

Son CEO indique travailler actuellement à une nouvelle levée de fonds. "Il s'agit de se donner encore plus de moyens en matière de vente et de marketing pour que tous les oncologues du monde nous connaissent, afin de s'étendre internationalement et devenir le champion européen", conclut Jean-Pol Detiffe.

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