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NA: "Kovats ne doit pas interférer dans la fusion avec Cumerio"

Le patron de Norddeutsche Affinerie perd patience. Werner Marnette (photo) explique dans L'Echo ce qu'il attend de Kovats.

(l'écho) Werner Marnette ne tourne pas autour du pot. Irrité par les propos tenus la semaine dernière par le patron d'A-Tec, l'administrateur délégué de Norddeutsche Affinerie attend de Mirko Kovats qu'il se décide rapidement et en faveur de l'offre que son groupe s'apprête à lancer sur Cumerio.

Il y a trois semaines, vous nous présentiez un «deal» amical qui devait se dérouler sans trop de problèmes. Ce n'est visiblement pas le cas. Vous attendiez-vous à pareil retournement?

J'ai rencontré ce matin Luc Delagaye (le CEO de Cumerio, NDLR). Luc et moi sommes toujours convaincus que ce projet est le meilleur pour les deux entreprises au regard de la consolidation. Ce que nous proposons doit permettre de nous positionner sur la scène internationale et de construire une plate-forme de croissance. Le projet va aussi générer de la valeur pour les actionnaires. Rien n'a changé depuis l'annonce de l'OPA. Enfin si, car le conseil d'entreprise de Cumerio supporte le projet et nous avons 15% dans Cumerio.

Il y a quand même les 25% d'A-Tec qui peuvent bloquer l'opération...

La logique que nous présentons suffit amplement pour convaincre A-Tec d'apporter ses titres et de nous suivre. Nous travaillons depuis plus de 6 mois sur le projet. Et ce que nous proposons aux actionnaires me fait dire que j'arriverai à convaincre Mirko Kovats. Il doit être intéressé par ce scénario s'il ne veut pas perdre de l'argent. Et A-Tec ne peut rien présenter de mieux.

Avez-vous été surpris par la position de Kovats?

Oui, j'ai été surpris par sa réaction. Son message est simple. Selon lui, le «deal» est trop cher. J'ai moi le feeling que l'offre est juste pour les actionnaires de Cumerio. Monsieur Kovats plaide également pour la consolidation dans le cuivre en Europe. Je suis depuis plus de 30 ans dans le métier. Et quand j'étais président de la fédération Eurométal, j'étais déjà convaincu de la nécessité d'une concentration. J'ai aussi abordé ce sujet avec Thomas Leysen (patron d'Umicore, NDLR) en 2000. Nous sommes donc pleinement en ligne avec la consolidation tant demandée par M. Kovats.

Que lui demandez-vous?

De prendre une décision et surtout de ne pas rester trop longtemps dans une situation où il laisse toutes les options ouvertes. Il ne faut pas irriter les gens. Or, c'est ce qui se passe quand il n'y a pas de message clair.

Un argument d'A-Tec est de faire de Cumerio le pilote de cette fusion. Et pas une «victime»...

Je ne peux pas être d'accord avec ces propos. La combinaison des activités n'aura pas d'impact sur les travailleurs et des postes importants seront à Bruxelles. Nous ne pouvons rien offrir de mieux. Une combinaison entre Cumerio et Brixlegg (l'usine d'A-Tec, NDLR) ne serait pas la meilleure solution. Je demande donc à M. Kovats de nous laisser réaliser ce projet car nous avons été les premiers. Par ailleurs, il faut bien admettre que NA est beaucoup plus grand que Cumerio. Mais en définitive, nous serons tous les deux les pilotes de la consolidation. L'argument de M. Kovats est incompréhensible. Peut-être ne lui ai-je pas bien expliqué le «business plan» et en ce cas, ce serait de ma faute.

Parlez-vous d'un mariage à trois?

Une fois l'opération terminée, nous sommes prêts à regarder ce qu'il est possible de faire avec les activités d'A-Tec. Mais pour l'instant, Monsieur Kovats ne doit pas interférer dans la fusion que nous préparons. Avant toute autre chose, le mariage doit d'abord être réalisé entre Cumerio et NA. Toutes les autres choses viennent perturber le process. C'est une lourde tâche. Il est donc normal que je demande à A-Tec de supporter ce mariage et d'être un actionnaire de la nouvelle entité. Par contre, il ne doit pas faire ce qu'il fait aujourd'hui: être un actionnaire par ici et par là. Nous n'allons pas accepter d'être bloqués. J'imagine qu'il me faudra cependant un peu plus de temps pour convaincre le CEO d'A-Tec et ses actionnaires.

En tant qu'actionnaire, M. Kovats est-il vraiment le bienvenu dans ce nouvel ensemble?

Oui, mais je lui dirai: «Ne perdez pas d'argent en gardant à part les deux entreprises. Supportez-nous.» Mais comme actionnaire important, A-Tec doit dévoiler ses intentions et nous donner de la sécurité. Il n'y a rien de plus mauvais dans l'industrie que l'insécurité et le changement.

Son point de vue ne semble pourtant pas évoluer. Il ne supporte pas cette opération.

Nous avons des contacts. Je dois admettre que j'ai été quelque peu irrité par les propos de M. Kovats. Mais en définitive, c'est le meilleur scénario qui va gagner. Et le meilleur, c'est Luc Delagaye et moi qui l'avons. Je sais de quoi je parle, je connais bien les installations de Brixlegg. D'un point de vue économique, A-Tec n'a pas intérêt à faire rater ce «deal».

En définitive, pourriez-vous changer quelque chose pour assurer sa réussite?

Mon objectif est toujours de récolter 100% des titres Cumerio. Je reste sur le plan A.

Côté calendrier, le lancement de l'offre pourrait-il être retardé?

Je reste convaincu que l'offre sera lancée au troisième trimestre.

Propos recueillis par François-Xavier Lefèvre

Photo belga

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