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Le télétravail de masse entraîne une flambée des cyberattaques

Philippe Dambly, Foresight Advisor chez AXA: “La cybercriminalité est souvent invisible, le déploiement de l’attaque peut prendre 12 voire 18 mois.”

La crise du coronavirus a provoqué un pic du nombre de cyberattaques dans le monde. Selon les experts d'AXA, les entreprises doivent dès lors se préparer à une “cyberpandémie”. Un enjeu majeur, sachant qu’un jour sans internet coûte 50 milliards d'euros à l'économie mondiale.

Parmi les points communs de cette crise sanitaire avec les crises économiques précédentes, on peut citer la montée en puissance des cyberattaques. “Que cela soit en 2008, lors de la crise financière, ou en 2015, lors des attentats, les cybercriminels profitent de l’état d’urgence, du taux de stress élevé et de l’angoisse générale”, confirme Philippe Dambly, Foresight Advisor chez AXA et expert de l’évolution numérique. “Cette fois, cependant, le nombre de cyberattaques a été exceptionnellement élevé. La cybercriminalité est souvent invisible, le déploiement de l’attaque peut prendre 12 voire 18 mois. Elle est le pire ennemi des PME actives dans la recherche et le développement.”

La mise en place du travail à distance dans une situation d’urgence a constitué une nouvelle source majeure de vulnérabilité.
Pierre-Alexandre David
Corporate Product Manager chez AXA

Le travail à distance ouvre une brèche

Si les cybercriminels tirent parti des vulnérabilités de certaines organisations moins (ou pas) protégées, la crise du Covid-19 paraît engendrer une rupture de paradigme. “Même des organisations jusqu’ici épargnées ont fait l’objet d’attaques massives et sévères”, pointe Pierre-Alexandre David, Product Manager Corporate chez AXA. “La mise en place du travail à distance dans une situation d’urgence a constitué une nouvelle source majeure de vulnérabilité. Les entreprises ont, par exemple, moins de contrôle sur les connexions Wi-Fi utilisées à domicile, ou encore les outils numériques de travail à distance. Et les chiffres sont là: plus d’un Belge sur trois a été victime de hameçonnage au mois de mars dernier.”

Pierre-Alexandre David, Corporate Product Manager chez AXA

Piqûre de rappel

Parler de cybersécurité, c’est viser l’ensemble des risques numériques. Une nuance apportée par Philippe Dambly. “Ainsi, on touche directement aux cyber-risques mais aussi aux risques liés à l’e-réputation, au RGPD, à la manipulation de données, à l’IA, aux droits intellectuels, ou encore au cyberespionnage.” Le volet “assurance” est donc une pièce du puzzle qui doit parfaitement se combiner avec une architecture IT sécurisée, une bonne formation du personnel, des logiciels adéquats et mis à jour, etc. En matière de cybersécurité, les entreprises doivent adopter un comportement proactif. “Nous constatons trop souvent que l’effet spectaculaire des attaques sert de piqûre de rappel. Il faut inverser la tendance.”

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Hameçonnage
Plus d’un Belge sur trois a été victime de hameçonnage au mois de mars dernier.

Prendre sa sécurité en main

Selon Pierre-Alexandre David, les initiatives publiques de sensibilisation placent la Belgique en bonne position sur le plan européen. “Il y a une réelle volonté de progresser et de mieux faire connaître les initiatives publiques. Safeonweb.be, la Computer Emergency Response Team fédérale (CERT.be), la Cyber Security Coalition sont des guides pour toutes les entreprises. On apprend à élaborer une politique de sécurité, à former ses collaborateurs, à prendre sa sécurité en main. Il est même possible de tester gratuitement le niveau de cybersécurité de son entreprise. Force est de constater que la cybersécurité est un processus continu composé d’une série d’actions à prendre au quotidien.”

Distanciation digitale

“Nous devons nous préparer à une cyberpandémie mondiale de type Covid: les experts internationaux sont catégoriques et sonnent l’alarme”, prévient Philippe Dambly, citant le World Economic Forum. “Ce qui fait peur, c’est le blocage économique. On estime que le coût d’une seule journée sans internet serait de 50 milliards de dollars. Nous ne parlerons plus alors de distanciation sociale mais bien de distanciation digitale.”

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