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Une gestion intelligente de l'eau via un système à trois échelons

©Shutterstock

Le changement climatique provoquera des précipitations plus intenses mais aussi de longues périodes de sécheresse. Le bétonnage de nos régions aggrave encore le problème. Une gestion intelligente de l’eau est donc indispensable dans les projets de construction.

Dans les années 70, la Flandre et Bruxelles étaient bétonnées. Ce bétonnage de nos espaces publics et privés nous rend plus vulnérables au changement climatique, “car les eaux de pluie s’écoulent directement dans les égouts et les cours d’eau au lieu d’infiltrer le sol”, explique Patrick Willems, professeur de génie hydraulique à la KU Leuven. “Résultat: les réserves d’eaux souterraines se reconstituent plus lentement, les inondations se multiplient, le stress thermique augmente dans les villes et les pertes de biodiversité s’accélèrent.”

Pour gérer plus efficacement les eaux pluviales, Patrick Willems propose d’intégrer un système à trois échelons dans les projets de construction. Le principe fondamental: collecter l’eau de pluie qui tombe sur les toits et les zones bétonnées. “Une première étape consiste à calculer la quantité d’eaux pluviales que peut consommer un bâtiment. Le rapport eau de pluie/eau de conduite est d’environ 50/50 pour les ménages. Installez dès lors un puits d’eau de pluie à même de couvrir cette demande. Dans les grands projets – les nouveaux quartiers résidentiels, notamment – il est même possible de prévoir des puits collectifs.”

“Dans une deuxième phase, on procédera à un investissement ‘bleu-vert’. Il s’agit d’évacuer le trop-plein du puits d’eau de pluie et les eaux pluviales collectées aux endroits non raccordés au puits, vers des zones situées en contrebas: votre propre jardin, des canaux ou des espaces ouverts aménagés dans la ville, comme des jardins de pluie. Les eaux excédentaires y seront stockées temporairement et pourront s’infiltrer dans le sol. La dernière étape consiste à aménager les rues, par exemple avec des trottoirs surélevés et conçus de manière concave et non convexe. De cette manière, les eaux pluviales qui n’ont pu s’évacuer provoqueront moins de nuisances.”

Sécurité

Aux yeux de Patrick Willems, il est possible de construire de façon parfaitement sûre même à des endroits où il faut éviter ou limiter les dommages liés aux inondations. “Et ce, en posant le sol du bâtiment au-dessus de la hauteur d’eau connue la plus élevée, en installant des pompes et des clapets antiretour dans l’évacuation d’eau, en évitant les constructions souterraines ou en les protégeant à l’aide d’un seuil, etc.”, détaille-t-il. Parmi les autres solutions évoquées par le professeur de génie hydraulique, citons la suppression des revêtements en dur au profit d’espaces verts, l’installation de toitures vertes et le choix d’habitations plus compactes.

On peut toutefois faire plus intelligent encore. Avec plusieurs partenaires, la KU Leuven œuvre à un système de pilotage intelligent de la gestion de l’eau. “Notre objectif est d’anticiper en nous basant sur les prévisions météorologiques”, souligne Patrick Willems. “Un tel système permet d’exploiter une même capacité de stockage d’eau pour gérer les sécheresses et lutter contre les inondations. La météo prévoit une longue période de sécheresse? L’eau est stockée plusieurs semaines à l’avance. Des précipitations intenses? Le système hydrique est vidé, afin de libérer une capacité de stockage suffisante.”

“Beaucoup de maîtres d’ouvrage et d’architectes considèrent toujours la gestion de l’eau comme un mal nécessaire, un exercice imposé.”
Patrick Willems
Professeur de génie hydraulique à la KU Leuven

Les pouvoirs publics doivent donner le bon exemple, juge enfin Patrick Willems. “Plusieurs villes planchent déjà sur un plan d’adaptation au climat, et les administrations communales peuvent imposer certaines obligations via leurs prescriptions urbanistiques. Malheureusement, beaucoup de maîtres d’ouvrage et d’architectes considèrent toujours la gestion de l’eau comme un mal nécessaire, un exercice imposé. Ce sont des occasions manquées! Les jardins de pluie sont souvent dissimulés à l’arrière, alors que, s’ils sont bien intégrés dans le projet de construction, ils améliorent l’expérience des usagers, apportent de nouvelles possibilités en termes de divertissement, contribuent à une meilleure gestion des espaces verts et réduisent le stress thermique.”

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