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Le café équitable de Javry a déjà convaincu 300 entreprises

La qualité du café de Javry passe par le choix des producteurs et par une torréfaction lente. ©© Javry

Depuis 2015, elle cible exclusivement les entreprises. Créée deux ans plus tôt par Vincenzo Ruggiero, un mordu de café désireux de se faire livrer son breuvage préféré à domicile, la société Javry a momentanément cessé le démarchage des particuliers: trop compliqué sur le plan logistique.

le résumé

La start-up créée en 2013 se concentre sur les PME pour vendre son café équitable.

Elle cible de plus en plus la Flandre, où les marques d'intérêt se succèdent.

Son chiffre d'affaires double chaque année.

Sous la houlette de Pierre-Yves Orban, un informaticien originaire de Jodoigne, et Maxence Lacroix, un Namurois (de Mettet) diplômé de Solvay, la petite PME, qui a fait de la vente de café équitable de qualité son cheval de bataille, se consacre exclusivement au démarchage des entreprises.

"Nous nous différencions sur le digital, en essayant d'automatiser au maximum les opérations pour faciliter la vie de nos clients. Nous avons développé une plateforme en ligne qui leur permet de se faire livrer automatiquement des quantités bien déterminées à une échéance bien précise, tout en proposant un service de location de machines qu'il suffit de remplacer lorsqu'elles sont en panne", explique Pierre-Yves Orban.

L'autre atout dont se prévaut la société Javry, c'est l'éthique. Soucieuse de rétribuer correctement les producteurs, elle s'est d'emblée tournée vers le café équitable. "Aujourd'hui, le prix à la Bourse, qui concerne 95% du café consommé dans le monde, est de 100 dollars le sac. Mais pour qu'un producteur puisse vivre de son activité, il doit recevoir au minimum 280 voire 300 dollars. Nous ne passons pas par les intermédiaires d'importation et les traders, ce qui nous permet de donner au producteur le prix qui correspond à son travail", précise son compère Maxence Lacroix.

Et cela marche. L'entreprise a déjà attiré plus de 300 clients, et son chiffre d'affaires double chaque année. Il a atteint 400.000 euros en 2018 et devrait dépasser les 800.000 euros cette année. "Cette croissance est clairement due aux entreprises. La part des particuliers n'est plus que de 3 ou 4% dans le chiffre d'affaires, parce que nous avons coupé pour le moment tous les efforts d'acquisition de nouveaux clients", explique le CEO de Javry.

150 personnes maximum

Les entreprises clientes sont surtout des PME employant entre 10 et 150 personnes sur un même site. "Les plus grosses entreprises ne veulent pas s'occuper de l'entretien et de l'approvisionnement des machines à café", précise Pierre-Yves Orban.

La digitalisation maximale et la gestion à distance permettent à Javry d'abaisser ses coûts et d'être compétitive, tout en offrant un service de qualité, assurent ses responsables.

"Sur le prix à la tasse, nous sommes compétitifs aussi parce que nous commençons à faire du volume et parce que nous travaillons en direct avec des coopératives, ce qui nous permet d'acheter en direct", ajoute-t-il.

Si Javry se revendique du commerce équitable, elle s'abstient de travailler avec des labels tels que Max Havelaar.

"Nous préférons expliquer les choses et montrer avec quels producteurs nous travaillons plutôt que brandir un label. D'autant plus que ces labels ont un coût qui n'est pas négligeable. Nous avons donc décidé pour le moment de ne pas nous lier à eux", explique Maxence Lacroix.

L'entreprise basée à Schaerbeek, qui emploie aujourd'hui sept personnes, se centre surtout sur la Belgique, et en particulier la Flandre. Il y a une vraie demande des entreprises, disent les responsables de Javry. C'est particulièrement le cas des sociétés à haute valeur ajoutée (développement informatique, consultance, marketing, bureaux d'avocats...), qui soignent leurs employés parce qu'elles ont du mal à recruter, et des banquiers privés, qui ne peuvent attirer le chaland avec du vinaigre.

La qualité du café est assurée en amont par le choix des producteurs, mais aussi par une torréfaction à température modérée, une tâche confiée à un artisan ardennais. Les grains sont progressivement amenés à une température allant de 180°C à 220°C pendant 20 à 25 minutes, permettant de préserver toutes les saveurs, alors qu'une torréfaction classique ne prend que 5 minutes.

Une diversification est déjà à l'étude, du côté du thé notamment. Mais ce ne sera pas pour tout de suite. "Trouver les producteurs de thé et garantir un commerce équitable est un peu plus compliqué", précise Pierre-Yves Orban.

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