Emmanuel Lambion: "On se sent investi d’une mission de soutien aux jeunes créateurs"

Mirko Canesi. ©doc

Emmanuel Lambion, le nouveau directeur du Centre de la Gravure et de l’Image imprimée, à La Louvière, livre sa première exposition, "Bye Bye His-Story". Et 60 artistes de questionner les identités, le genre et la nature à travers l’Histoire.

e sens de circulation est à rebours puisque l’expo se termine au rez-de-chaussée», explique Emmanuel Lambion, le nouveau directeur du directeur du Centre de la Gravure et de l’Image imprimée. Pour sa première exposition à La Louvière, «Bye Bye His-Story», il a voulu investir de façon très différente chacun des trois étages du musée. Avec pour thème? «L’Histoire. L’apparition de l’écriture est liée à une grande avancée et, en même temps, à tout ce qui a séparé l’homme de la nature. Les premiers écrits n’étaient pas artistiques ou spirituels, c’étaient des cadastres, des documents administratifs desquels ont découlé les premiers conflits, et plus tard, l’assujettissement des femmes par les hommes, par exemple.»

Aujourd’hui, pour répondre aux défis qui sont les nôtres, «Il faut décloisonner, fluidifier, interroger notre rapport aux genres, aux identités culturelles, à la nature». Et c’est que propose des artistes comme Denicolai & Provoost, Léa Belooussovitch, Teresa Sdralevich ou encore Olivia Hernaïz.

Le Centre de la Gravure, avec la crise en cours, a perdu 60% de ses visiteuses et visiteurs, révèle-t-il: «La fréquentation est bonne au niveau des visites individuelles, assez comparable à précédemment. Mais le Covid a surtout impacté les activités de groupes, qui sont un aspect important du musée.»

L’équipe en a profité pour refaire son site web et son logo, «avec de meilleurs outils de présentation de la jeune création, une volonté de toucher de façon alternative de nouveaux publics et de renouveler les angles d’approche de la collection pour scénariser de nouvelles propositions d’exposition pour l’international». Et puis, il y a l’exposition qui ouvre ce samedi: «C’est un projet dans mes papiers depuis longtemps. C’est un ‘statement’».

«Plus encore qu’avant, on se sent investi d’une mission de soutien aux jeunes créatrices et créateurs plutôt que la mise en valeur de personnages consacrés ou morts. Nous lançons un projet de résidence à l’automne en ce sens. Je veux aussi poursuivre et développer des partenariats avec des institutions d’arts imprimés», notamment avec les homologues flamand et parisien du Centre de la Gravure, le Centre Frans Masereel, à Kasterlee, et le CNEAI, à Paris, mais aussi avec la Biennale de Ljubljana ou Europalia.

Émeline Depas. ©doc

De Londres à La Louvière

Après avoir initié le projet Park58 dans l’ancien parking à De Brouckère qui surplombait tout Bruxelles, ou celui de B-1010, code postal de la vingtième commune de la capitale, après avoir travaillé à Londres et créé plusieurs ASBL pour monter ses expositions, c’est donc à La Louvière que l’infatigable commissaire a posé ses valises.

«Quand je me présente, je commence par les mensurations: 52, 119 et 20», plaisante Emmanuel Lambion. Rien de très déplacé, rassurez-vous: il a 52 ans et a organisé 119 expositions en vingt ans de carrière.

«Je me suis formé de façon organique. Il n’y avait pas d’école de commissariat de mon temps. Elles ne se sont développées que plus tard. Dans mon parcours, je suis passé de l’art ancien à l’art contemporain, du monde commercial au monde institutionnel, puis éducatif, associatif, puis institutionnel à nouveau. J’ai commencé ma carrière de commissaire au Botanique où j’ai appris mon métier pendant 4 ans».

«Il faut décloisonner, fluidifier, interroger notre rapport aux identités et à la nature».
Emmanuel Lambion
Directeur du Centre de la gravure

Une particularité de CV qu’il partage avec Catherine De Braekeleer, sa prédécesseure, emblématique directrice du Centre de la Gravure qui a tenu à bout de bras et de mains de maître(sse) le musée et centre d’art pendant vingt-cinq ans. «Un fameux héritage» qu’Emmanuel Lambion est «très fier» de se voir confier: «C’est une institution qui a bien grandi, qui bénéficie d’une importante collection de 14.000 pièces, d’un fameux rayonnement et qui se donne de plus en plus pour mission d’accompagner les jeunes créatrices et créateurs. Mais c’est une ASBL, pas un musée d’État, et comme toutes les institutions culturelles, elle est fragile. Nous sommes responsables de notre équilibre financier.»

Et d’appeler: «Il faut venir à La Louvière, il y a aussi une belle expo qui vient de démarrer à Kéramis

«Bye Bye His-Story», du 27/3 au 26/9: www.centredelagravure.be

Gravurecredi #13 - Échappée en montagne !

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