L'OCDE: la Pologne doit se préparer à l'euro

La Pologne, seul pays de l'Union européenne à avoir préservé la croissance en 2009 malgré la crise mondiale, doit maintenant se préparer à adopter l'euro en mettant en place "un cadre institutionnel approprié", selon un rapport annuel de l'OCDE publié jeudi.

(AFP) - "L’euro n’accélérera la convergence que si un cadre institutionnel approprié est mis en place. La priorité est d’être mieux à même de stabiliser l’économie une fois qu’il faudra abandonner les politiques monétaire et de taux de change", a souligné dans son rapport l'Organisation de coopération et développement économiques.

Membre de l'Union européenne depuis 2004, la Pologne a abandonné en été dernier son objectif, devenu irréaliste, de rejoindre la zone euro en 2012. La nouvelle date possible, citée par le Premier ministre Donald Tusk, est celle de 2015.

"Les mesures de politique macroéconomique qui ont été prises face au recul de l’activité ont été le plus souvent adéquates et la très nette dépréciation du zloty a amorti l’impact du choc extérieur, tout en ayant pour effet de reporter l’adoption de l’euro", a constaté l'OCDE.

La Pologne, dont le PIB a augmenté en 1,7% l'an dernier, "dans un contexte de ralentissement brutal de l’activité mondiale", souligne l'organisation, doit maintenant rétablir la discipline budgétaire.

L'OCDE recommande à la Pologne que sa politique budgétaire "repose à la fois sur une règle de déficit structurel des administrations publiques et sur une règle pluriannuelle de dépenses, avec la création d’un conseil budgétaire indépendant veillant à la bonne application et à l’efficacité de ces règles."

"Il faut s'attacher à élargir les bases d’imposition, réduire la générosité des aides aux agriculteurs, relever l’âge de la retraite, surtout pour les femmes, diminuer encore les pensions de retraite anticipée, faire des économies sur les pensions d’invalidité et améliorer l’efficience de l’administration publique", recommande le rapport.

La Pologne espère atteindre en 2012 le critère de Maastricht limitant le déficit public à 3% du PIB, exigé pour l'adhésion à l'euro, alors que ce déficit représentait l'an dernier 7,2% du PIB.

L'OCDE estime que de larges réformes structurelles sont nécessaires en Pologne, pour que le pays tire davantage parti de la mondialisation.

"La Pologne a énormément progressé dans le développement de ses liens économiques internationaux. Mais il reste beaucoup à faire pour attirer les investisseurs étrangers, absorber efficacement les investissements directs étrangers et améliorer la performance à l’exportation", selon le rapport.

L'OCDE invite la Pologne à réduire la présence de l’État dans l’économie en instaurant un processus transparent de privatisation et en éliminant plus rapidement certaines charges administratives.

"Les infrastructures doivent être modernisées, surtout pour les transports et l’internet haut débit", recommande l'organisation.

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