Avec sa triennale d'architecture, Bruges sort du trauma

La surprenante installation de l’artiste mexicain Héctor Zamora. ©Yesmine Sliman Lawton

Bruges accueille l’architecture et l’art contemporains avec un parcours artistique temporaire qui brouille les cartes de ce grand musée à ciel ouvert.

Ce dimanche 9 mai, à 14h, le son de 40 cloches du territoire Brugeois retentira pendant 15 minutes pour marquer l’ouverture de la troisième édition de la Triennale de Bruges. Comme un signal pour réveiller la ville qui semble s’être endormie sans ses nombreux touristes.

Le thème choisi, «TraumA», ne pouvait pas mieux correspondre à l’actualité… même s’il a été choisi bien avant la pandémie. Réunissant 13 créations d’artistes et architectes nationaux et internationaux dans l’espace public, «cette édition veut explorer la démarcation entre le rêve et le traumatisme, entre le paradis et l’enfer et combiner l’imagination, la beauté, l’obscurité et la participation».

On ne s’attardera pas à essayer de trouver un vrai fil conducteur à travers ce discours curatorial au contenu paradoxal. En revanche, on laissera le parcours changer l’orientation de l’espace public pour dévoiler certaines dimensions cachées de la ville et ses habitants. Un peu à l’écart de la Bruges «parfaite», on part dans des ruelles, on entre par des portes arrière, on découvre des lieux moins connus et plus insolites, comme par exemple la maison et le jardin du célèbre poète Guido Gezelle (1830-1899).

Tendance à Bruges: relier grâce à l’architecture le riche patrimoine historique de la ville à l’histoire contemporaine
Quote_byline name
Quote_Byline fonction

C’est ici que prend place la surprenante installation de l’artiste mexicain Héctor Zamora (photo): un gigantesque échafaudage rouge qui entoure un majestueux pin autrichien. Une escalade qui se présente comme une interaction avec l’arbre et qui, comme une récompense, offre une vue à couper le souffle sur la ville et les moulins tout proches. 

En attendant Hans op de Beeck

D’autres interventions sont beaucoup plus subtiles, comme les branches artificielles qui rampent sur les façades, par l’artiste Henrique Oliveira, ou les petits nids d’hirondelle disséminés dans la ville par Villar Rojas

Hélas, la création de l’artiste Belge Hans op de Beeck, «Danse Macabre», une sculpture monumentale monochrome représentant un carrousel où le temps semble figé et les chevaux et les voitures, pétrifiés, a vu sa réalisation retardée en raison de la Covid-19 et sera visible seulement à partir du 10 juin.

Cette Triennale nous donne l’envie d’explorer la Venise du nord sous un angle différent et témoigne de la volonté de Bruges, ces dernières années, de relier grâce à l’architecture son riche patrimoine historique à l’histoire contemporaine.

Triennale d'architecture

À Bruges, du 8 mai au 24 octobre: www.triennalebrugge.be

Note de L'Echo: 3/5

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés