Morcheeba: "David Byrne est un génie"

Les membres de Morcheeba ©AFP

"Blaze away" est le nouvel et neuvième album de Morcheeba, l’une des icônes de la scène trip-hop anglaise de la fin du siècle dernier. Album qui s’apparente à une résurrection…

Un des groupes les plus dansants de la vague trip-hop des années nonante, portée par la voix de Skye Edwards, chanteuse originelle qui a réintégré le groupe depuis 2010, Morcheeba est désormais un duo depuis cinq ans et le départ d’un des deux frères Godfrey, Paul.

"Nous plaçons toutes nos influences dans un grand melting-pot et puis nous mélangeons le tout."

La raison pour une absence d’un lustre depuis le dernier album "Head up high"?

Ross Godfrey: Skye et moi avons sorti beaucoup d’albums au cours des deux dernières décennies au sein de différents projets mais, effectivement, nous n’avons pas proposé d’album de Morcheeba depuis cinq ans. Mon frère Paul a quitté le groupe en 2014 et il nous a fallu un certain temps pour encaisser ce choc et nous décider à remettre Morcheeba sur les rails.

Le titre "Free of the debris" serait-il une référence à tout cela?

R.: Non, mais c’est simplement toujours chouette de dissiper le bruit, non? D’à nouveau trouver un clair chemin vers l’allégresse. (Sourire.)

Vous vous référez sur deux titres différents à Los Angeles et Paris. Pourquoi?

R.: Il s’agit de deux villes importantes à nos yeux. "Sweet L.A." évoque la fille de Skye qui y vit et Paris est comme une seconde demeure pour moi…

Le titre "Mezcal dream" réfère-t-il d’une certaine façon au nom du groupe Morcheeba qui, lui, se rapporte à l’herbe?

R.: Non, il renvoie directement à l’alcool mexicain et sa tendance à déclencher des visions très réalistes, des rêves très vivaces.

Un duo serait-il une meilleure formule que le trio musicalement parlant, et d’un point de vue relationnel?

R.: Il est certain que cette configuration simplifie les choses au niveau des décisions à prendre. Le groupe qui nous accompagne s’avère remarquable, comme l’est cette période pour Morcheeba: il y a à la fois la sortie du nouvel album et cette tournée, la plus grande que nous n’ayons jamais entreprise. De plus, cette année nous célébrons le vingtième anniversaire de la sortie de "Death Calm".

À écouter "Love Dub", on se dit que le reggae a dû avoir son importance dans votre éducation musicale?

R.: Nos influences sont très diverses et varient de l’acid rock à la dub, en passant par l’électro, la country ou le blues. Nous les plaçons toutes dans un grand melting-pot et puis nous mélangeons le tout. (Il sourit.)

Morcheeba - Never Undo

Vous avez, dans le passé, convié une chanteuse française, Amanda Zamolo, et collaboré avec Benjamin Biolay sur le titre "Paris sur mer". Est-ce parce que vous êtes originaire de Douvres que vous avez développé cette proximité avec la France?

R.: (Il rit.) En effet, je pouvais voir la France depuis ma maison lorsque j’étais enfant. Amanda Zamolo est désormais mon épouse et chante d’ailleurs sur "Mezcal Dream", ce qui signifie qu’avec la collaboration de Benjamin Biolay, nous comptons deux chansons en français sur cet album.

Comment vous êtes-vous rencontrés?

R.: Nous sommes de grands fans et nous l’avons tout simplement contacté afin de lui proposer d’écrire et d’interpréter une chanson pour notre nouveau cd. Il a tout de suite accepté: et une semaine plus tard, nous étions en train de boire du vin rouge dans un studio parisien pendant l’enregistrement de "Paris sur mer". Un moment vraiment magique, surtout le vin rouge (rires). Nous avons énormément de chance de pouvoir compter sur sa présence sur cet album… Benjamin est tellement talentueux.

David Byrne, avec qui vous aviez collaboré avant d’enregistrer sous le nom de Morcheeba, pour son album "Feelings", il y a 20 ans, a-t-il eu une grande influence sur votre destinée musicale, notamment de par son éclectisme?

R.: Bien sûr! C’est un génie. Les Talking Heads furent le seul grand groupe des années 80. Travailler avec lui fut pour nous un coup de chance énorme: David nous a initiés au style musical tropicalia, venu du Brésil, et que nous adorons depuis.

Le 11/11 au Colisée de Roubaix.

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