Les soucis du Cirque du Soleil font tache d’huile en Belgique

Deux spectacles du Cirque du Soleil étaient prévus en Belgique cette année ©REUTERS

Si la justice québécoise a accédé à la demande de mise à l’abri de ses créanciers de la célèbre compagnie de spectacles, ses déboires touchent de plein fouet son promoteur en Belgique.

Après avoir généré environ 1 milliard de dollars US de revenus et 157 millions de bénéfices l'an dernier, le Cirque du Soleil est aujourd’hui plombé par la crise du coronavirus. Traînant une dette d’un milliard, le célèbre groupe de divertissement québécois, désormais au bord de la faillite, a obtenu un court répit mardi. La Cour supérieure du Québec a accepté la demande de protection de l'entreprise contre ses créanciers pendant 10 jours. Une nouvelle audience aura lieu durant laquelle la Cour devra approuver le processus de vente via une mise aux enchères. "Cela permet aux gens qui veulent reprendre l'entreprise de se manifester", a dit à l'AFP son patron, Daniel Lamarre, ajoutant que cinq à six groupes s'étaient montrés intéressés, parmi lesquels le fondateur Guy Laliberté.

En attendant, ses actionnaires, le fonds d’investissement TPG Capital, le groupe chinois Fosun (Club Med, Thomas Cook…) et la Caisse de dépôt et placement du Québec, proposent d’injecter 300 millions de dollars américains, les créanciers recevant 45% des parts du groupe. Deux tiers de cette somme viendront d’un prêt d’Investissement Québec, le bras armé financier du gouvernement. Une manière garder au pays ce symbole de la culture locale.

Un fleuron à conserver

"C’est clairement une fleuron qu’il faut maintenir au Québec", commente Manu Braff, patron de MB Presents, le promoteur du Cirque du Soleil en Belgique. "Je ne peux m’imaginer que cet empire puisse un jour couler tant est forte sa créativité et sa capacité à se réinventer".

"Je ne peux m’imaginer que cet empire puisse un jour couler tant est forte sa créativité et sa capacité à se réinventer"
Manu Braff
Promoteur du Cirque du Soleil en Belgique

Cela fait dix ans que Manu Braff organise les tournées du Cirque du Soleil chez nous: choix de villes, réservations de salles, de sites, billetterie, marketing... "C’est mon plus gros client", précise celui qui monte également des expositions itinérantes comme celle dédiée en 2016 à Harry Potter. Comme tout le monde du spectacle, sa petite structure – sept personnes, 3 millions de chiffre d’affaires – est fortement affectée par la crise: "Nous sommes totalement à l’arrêt, c’est d’autant plus dur à encaisser que nous ne touchons pas de subsides sur nos spectacles". Cette année, MB Presents aurait dû organiser deux spectacles du Cirque du Soleil. Prévu en mars à la Lotto Arena d’Anvers et donc déjà monté, le spectacle Corteo a été reporté à juin 2021. Par contre, Kooza, qui devait débarquer d’octobre à décembre a lui été purement et simplement annulé. "En raison de la pandémie, il a été supprimé un peu partout, cela n’avait pas de sens de la maintenir pour la seule petite Belgique", conclut avec regret son promoteur belge.

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