AIG n'est plus "too big to fail"

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Symbole de la crise financière mondiale de 2007-2009, le géant américain de l'assurance n'est plus une institution financière d'importance systémique. Cela lui ce qui épargnera désormais une supervision renforcée.

Le géant américain de l'assurance, American International Group, n'est plus une institution financière d'importance systémique (SIFI), ce qui épargnera désormais une supervision renforcée à cet établissement devenu l'un des symboles de la crise financière mondiale de 2007-2009. L'organisme américain de supervision financière Financial Stability Oversight Council (FSOC) a décidé  que AIG, renfloué à l'aide de 182 milliards de dollars (154 milliards d'euros) de fonds publics durant la crise, n'avait plus une taille critique pour la stabilité du système financier international.

Depuis la crise, le groupe a cédé des dizaines d'activités dont deux assureurs-vie en Asie et l'une des plus importantes activités de crédit-bail aéronautique au monde. Il a récemment cédé une filiale de crédit hypothécaire. Cette décision du FSOC reflète le changement de ton à l'oeuvre aux Etats-Unis en matière de réglementation financière depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison blanche en janvier.

Dans le cadre de sa promesse plus large d'assouplir les règles adoptées après la crise, le président américain a ordonné en avril un examen des méthodes employées par le FSOC pour déterminer si un établissement financier est "too big to fail", autrement dit trop gros pour que les pouvoirs publics le laissent faire faillite. Un tel statut se traduit par une supervision et des exigences de fonds propres renforcées.

"Le conseil a travaillé avec application pour réévaluer complètement la question de savoir si AIG représente un risque pour la stabilité financière", a dit le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin. "Cette action démontre notre engagement à agir de manière déterminée pour supprimer toute désignation si une entreprise ne constitue pas une menace pour la stabilité financière", a-t-il ajouté.

"Cette action démontre notre engagement à agir de manière déterminée pour supprimer toute désignation si une entreprise ne constitue pas une menace pour la stabilité financière."
Steven Mnuchin
secrétaire au Trésor

Le titre AIG  a gagné 1% dans les transactions après la clôture à Wall Street. L'énorme stock de dérivés de crédits accumulé par AIG et les pertes provoquées par l'éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis ont contribué au déclenchement de la crise financière mondiale à la fin de la décennie 2000.

C'est même à la suite du sauvetage de l'assureur en septembre 2008, alors qu'il était sur le point de faire faillite et que les autorités craignaient alors un effondrement de l'ensemble du système, qu'a été créée cette catégorie d'institution financière d'importance systémique (SIFI, systematically important financial institution). AIG, qui est encore aujourd'hui le premier assureur aux Etats-Unis et au Canada, dit avoir fini par rembourser l'intégralité de l'argent du contribuable fin 2012.

Toutes les banques disposant de plus de 50 milliards de dollars d'actifs sont automatiquement considérées d'importance systémique tandis que le FSOC examine au cas par cas les institutions non-bancaires. Parmi ces dernières, seul un autre assureur, Prudential , est encore considéré comme une SIFI aux Etats-Unis. Prudential s'est dit encouragé par la décision concernant AIG et il a annoncé qu'il allait réfléchir à d'éventuelles initiatives pour contester le qualificatif qui lui est appliqué.

Un troisième assureur, Metlife, a lui aussi été rangé dans cette catégorie mais il a contesté cette décision en justice et il a obtenu gain de cause en première instance. Ce jugement fait l'objet d'un appel déposé du temps de Barack Obama. La décision sur AIG fait toutefois craindre à certains que l'assureur n'adopte à nouveau des comportements risqués comme avant la crise. "C'est une erreur historique et une gifle au visage des dizaines de millions d'Américains qui ont souffert et continuent de souffrir de la crise financière dévastatrice de 2008", a réagi Dennis Kelleher, PDG de Better Markets.

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