interview

"Pas d'entrée en Bourse de Belfius avant une solution pour Arco"

©BELGA

Le vice-premier ministre Kris Peeters (CD&V) n’entend pas laisser tomber les coopérants Arco. Mais comment faire?

Il n’y aura pas d’entrée en Bourse de Belfius avant qu’une solution ait été trouvée pour les coopérants Arco. C’est ce qu’a répété le vice-premier ministre et ministre de l’Économie et de l’Emploi, Kris Peeters (CD&V), lors d’un entretien accordé à nos confrères du Tijd. Mais les choses traînent en longueur.

"L’accord de gouvernement contient des dispositions très claires sur le dossier Arco. Celles-ci auraient dû être mises en œuvre depuis bien longtemps. L’entrée en Bourse de Belfius ne figure pas en tant que tel dans l’accord de gouvernement. On y parle uniquement d’une gestion active en matière de participations publiques. Nous tenons néanmoins à être constructifs et n’avons pas de problème avec une entrée en Bourse de Belfius. Mais il faut d’abord une solution pour Arco. C’est ce qui a été convenu au sein du gouvernement. First things first."

Belfius se porte bien. Il n’y a pas urgence absolue de vendre.
Kris Peeters
vice-premier ministre


Quant à savoir si les coopérants seront indemnisés avant les élections de 2019, Kris Peeters rappelle que cela aurait déjà dû être le cas. "Dans l’accord de gouvernement, il était question de régler tout cela dès 2015, il est donc plus que temps."

Il réfute l’idée que ce seraient les sociaux-chrétiens flamands qui bloquent l’entrée en Bourse de Belfius en liant ce dossier à celui des coopérants Arco, alors que le contexte actuel est pourtant favorable à une entrée en Bourse. "Pourquoi est-ce que nous tiendrions Belfius en otage? Si je devais suivre ce raisonnement, nous devrions vendre sans délais nos participations dans bpost et BNP Paribas. C’est étrange que tout le monde ne parle que de Belfius et jamais de bpost ou de BNP Paribas. Belfius se porte bien et il n’y a pas urgence absolue de vendre. Nous aurons encore tout le temps après l’été."

Débâcle en vue

©Saskia Vanderstichele

Reste à voir si le CD&V sera encore de la partie après cet été. L’épisode Aron Berger, du nom de ce juif ultra-orthodoxe à qui le CD&V avait promis une place sur sa liste à Anvers, a laissé des traces. Le CD&V n’est plus crédité que de 2% des voix dans la métropole. Non seulement l’homme refuse de serrer la main aux femmes, mais il semble qu’il ait aussi un casier judiciaire pour avoir volé 28.000 euros à un homme âgé. "Nous n’étions pas au courant", assure Peeters.

Il répond également aux critiques formulées par le Mouvement ouvrier chrétien (MOC-ACW) lors de Rerum Novarum au sujet de la précarité des nouveaux emplois créés. "Grâce à nos réformes et aux 176.000 nouveaux emplois créés dans le secteur privé ces dernières années, les pouvoirs publics ont économisé 2,1 milliards d’euros en allocations de chômage. Ces emplois nouveaux génèrent en outre 2 milliards d’euros de recettes supplémentaires, un montant qui passera à 3,65 milliards en 2022. Sans compter les cotisations supplémentaires à la sécurité sociale. Au lieu de détruire la sécu, nous assurons au contraire la viabilité financière de celle-ci."

Par contre, le vice-Premier admet qu’il n’y avait pas d’autre solution que de reporter une nouvelle fois le retour à l’équilibre budgétaire. "Avec les entités fédérées, nous avons convenu de ramener le budget à l’équilibre en 2020. Je me tiendrai à cet accord." N’aurait-il pas fallu aller plus vite? "Tout peut toujours aller plus vite" concède-t-il. "Mais si nous renforçons les mesures d’économies, nous risquons de mettre à mal la croissance économique, la création d’emploi et le pouvoir d’achat. Au final, on ne ferait que s’éloigner de l’objectif du retour à l’équilibre."

Nous n’avons pas de problème avec une entrée en Bourse de Belfius. Mais il faut d’abord une solution pour Arco. C’est ce qui a été convenu au sein du gouvernement. First things first.
Kris Peeters

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