Pour Marc Raisière, l'IPO de Belfius n'est plus possible avant l'été

©BELGA

Marc Raisière, le CEO de Belfius, est clair et net: une entrée en Bourse de la banque d’ici juin n’est plus envisageable. Pourquoi? "Parce que cela ne nous laisse plus le temps de bien préparer cette opération majeure."

"Avant l’été, ce n’est plus possible." Marc Raisière, CEO de Belfius, est clair et net: une introduction en Bourse (partielle) de la banque avant l’été "n’est plus raisonnablement envisageable", indique-t-il à L’Echo.

"La tenue du scrutin communal n’empêche en rien de pousser sur le bouton IPO du côté de Belfius à l’automne."
Marc Raisière
CEO de Belfius

"Ce n’est pas seulement mon avis, c’est aussi celui du comité de direction de Belfius. Bien sûr, des banquiers d’affaires vous diront qu’il est encore possible de réaliser une IPO d’ici fin juin (IPO pour initial public offering, NDLR). Nous disons que la fenêtre de juin est fermée. Parce que cela ne nous laisse plus le temps de bien préparer cette opération majeure. Or, nous n’allons pas aller en Bourse mal préparés. Déjà, nos conseils nous disaient qu’il fallait un ‘go’ début mars. Nous voilà un mois plus tard."

L'IPO de Belfius en 6 questions

Alors que chez Belfius, on bosse depuis des mois pour peaufiner les détails de l’entrée en Bourse, au niveau politique, ça bloque. En cause, le dossier Arco et le remboursement des coopérateurs asséchés par la déroute de Dexia. Explications >

La faute au gouvernement? Vous n’entendrez pas Marc Raisière dire cela, au contraire. "Je comprends parfaitement la problématique du gouvernement, qui veut une solution sur le dossier Arco. C’est normal", insiste le CEO. Pour rappel, le gouvernement fédéral tente actuellement de faire valider par la Commission européenne un plan de 600 millions d’euros au titre de compensation pour les pertes subies par les nombreux coopérateurs qui ont investi dans Arco.

Le groupe coopératif Arco était le bras financier du Mouvement ouvrier chrétien (MOC en français, ACW en flamand, rebaptisé Beweging.net). Arco est en liquidation depuis fin 2011 et le démantèlement de Dexia, dont il était un des principaux actionnaires. Près de 800.000 coopérateurs, en grande majorité flamands, y ont pris des parts, qui ne valent plus rien aujourd’hui.

Depuis lors, le dossier est sur la table du gouvernement fédéral, car celui-ci s’est engagé sur une solution qui permette aux coopérateurs de récupérer une partie de leur mise (les 600 millions correspondent à 40%). Si le dossier Arco pollue le projet du même gouvernement de mettre en Bourse une partie du capital de Belfius, c’est parce que celle-ci n’est autre que l’ancienne Dexia Banque Belgique. L’État l’a rachetée (et de ce fait, sauvée) pour 4 milliards d’euros. Aujourd’hui, Belfius vaut près de 10 milliards d’euros de fonds propres. Voilà pour le rappel des épisodes précédents.

Marc Raisière, le patron de Belfius ©Emy Elleboog

OK mais, si ce n’est avant l’été, quand donc pourrait avoir lieu une IPO pour Belfius? Après l’été, soit juste avant ou pendant les élections communales (le 14 octobre) avec, dans la foulée, le scrutin législatif de mai 2019? "La tenue du scrutin communal n’empêche en rien de pousser sur le bouton IPO du côté de Belfius à l’automne", estime Marc Raisière. "Ce sont des sujets de nature distincte."

"Cela ne change rien"

Pas franchement inquiet, le big boss de Belfius. "Aucunement. Juin ou septembre-octobre, cela ne change rien. J’ajoute que la perspective d’une IPO a déjà eu des effets bénéfiques pour Belfius, car cela a poussé notre stratégie aussi bien en interne qu’en externe."


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