chronique

Expirer cette boule au ventre

ex-CEO Moutarderie Bister L’Impériale

Comment chasser cette boule au ventre qui nous étreint avant un rendez-vous important, un examen ou une prise de risque en matière d’investissement?

S’éveiller avec la boule au ventre, vous connaissez probablement cette sensation désagréable et douloureuse. C’est fréquent avant un rendez-vous important, un examen, ou un investissement, par exemple.

Fabienne Bister. ©doc

Dans ma vie de CEO des moutarderies, je l’ai vécue avant une négociation commerciale ou pendant la construction d’un nouveau bâtiment, synonymes de gros risques.  Quand cette boule me réveillait en pleine nuit, je l’appelais mon «crabe de trois heures du matin», l’heure où tous les chats sont gris et où notre cerveau s’emballe en imaginant tout ce qui pourrait mal se passer. Rien d’idéal pour prendre les bonnes décisions.

Bonne nouvelle: cette boule dure n’est pas une fatalité, mais une réaction neurologique du système digestif.  Elle se crée au départ de notre cerveau et se gère donc autrement que par des médicaments. Après avoir vérifié auprès d’un médecin, bien entendu, qu’elle ne cache pas une maladie grave.

Déséquilibre émotionnel

Oui, nous pouvons nous en occuper nous-mêmes. Cette douleur plus ou moins intense au niveau du plexus durci, avec la respiration qui se bloque, est le signal d’un déséquilibre émotionnel. Notre corps exprime une peur, une crainte à l’approche d’un événement, une anticipation anxieuse.

Accueillir cette anxiété, écouter le message de ce nœud, chercher ce qui nous tracasse est la première étape: identifier la source de ce qui coince, et les craintes plus ou moins diffuses qui y sont liées. Ne rien nier ni rejeter sous prétexte que nous devrions être fort ou courageux, mais bien reconnaître ce qui nous inquiète, alors que nous aimerions tant être (r)assuré. 

Astuce efficace : mettons sur papier tout ce qui nous passe par la tête à ce sujet, sans risque que ce soit lu par d’autres. Ensuite, déclinons les peurs, même absurdes, liées à ces éléments. Le lendemain, relisons cela à tête reposée, trions ce qui est exagéré, cherchons comment réduire le risque lié aux craintes réalistes, par exemple en étudiant mieux un chapitre précis de l’examen, ou en préparant plus d’arguments concrets avant une négociation. Voilà qui allège déjà la pression et réduit l’incertitude.

L’idée générale est de se rassurer sur sa capacité à affronter l’avenir et ses incertitudes en se projetant dans du positif. Cela permet de s’apaiser, de relever le niveau de confiance et de « respirer à travers ses émotions ».

Ensuite, nous pourrons chasser cette boule au ventre! Il existe des techniques efficaces pour la faire disparaître progressivement. Ce qui fonctionne le mieux serait la relaxation via la respiration consciente, la méditation qui réduit l’anxiété, la sophrologie qui fait visualiser des ressources internes, la promenade dans la nature qui réduit le taux de cortisol.

L’idée générale est de se rassurer sur sa capacité à affronter l’avenir et ses incertitudes en se projetant dans du positif. Cela permet de s’apaiser, de relever le niveau de confiance et de «respirer à travers ses émotions».

Respiration consciente

Si cette boule apparaît juste avant l’événement anxiogène, l’astuce est de pratiquer quelques minutes de cohérence cardiaque.  Je l’ai souvent utilisée dans ma voiture avant de négocier avec les acheteurs de la grande distribution. 

L’arme essentielle contre la boule au ventre est donc la respiration consciente, sous diverses formes. On peut visualiser cette boule comme une bulle colorée qui s’éloigne du corps à chaque longue expiration calme: ça aide le diaphragme à se relâcher, réduisant le blocage et la douleur.

En ces temps de virus destructeur des voies respiratoires, il est utile d’apprendre à manier cet outil puissant. Ce dimanche se tient la 3e Journée mondiale de la Respiration, organisée par l’International Breathwork Foundation. L’occasion de découvrir (en ligne et gratuitement) comment une respiration efficiente favorise l’équilibre physique, mental et émotionnel, indispensable aux « athlètes d’entreprises » que nous sommes.

Fabienne Bister
Coach de vie professionnelle
Consultante en gestion d’entreprises

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