chronique

J'ai dompté l'internet of things

Co-Founder chez MolenGeek

La chronique de Julie Foulon | Co-Founder chez MolenGeek.

Que nous le voulions ou non, nous entrons d’un pas certain dans ce que nous appelons la quatrième révolution industrielle, symbolisée par des machines qui communiquent entre elles au travers de capteurs en tout genre.

L’Internet des Objets peut sembler assez loin de la réalité de mon quotidien de maman geek qui vit à mille à l’heure, jongle entre ma fille de deux ans et la gestion d’un incubateur de start-ups au cœur de Molenbeek. Pourtant, les objets connectés sont devenus mes meilleurs atouts afin de me simplifier la vie.

Avec une touche d’imagination et un peu de bricolage, il est possible aujourd’hui de créer des circuits qui se déclenchent grâce à des capteurs, engendrant ainsi une réaction en chaîne qui, à défaut de vous rendre la vie moins compliquée, vous amusera certainement.

C’est ainsi qu’exaspérée de voir la vaisselle s’accumuler dans notre espace de coworking, j’ai eu l’idée de créer un dispositif qui se déclencherait dès qu’un coworker aurait l’audace de déposer sa tasse utilisée dans l’évier et non dans le lave-vaisselle. "Veuillez mettre votre vaisselle sale dans le lave-vaisselle!", retentit alors un haut-parleur caché, laissant le malheureux coworker saisi sur place, mi-vexé, mi-amusé.

À la maison, le résultat est encore plus spectaculaire. Vous êtes las de répéter à longueur de journée qu’il ne faut pas grignoter entre les repas? Il vous suffit de placer un capteur de lumière relié à une application sur internet, pour être notifié sur votre smartphone si vos enfants ouvrent le placard à biscuits. Une simple pression sur l’écran vous permettra alors de chasser les intrus en actionnant une fois encore un petit haut-parleur placé discrètement entre les cookies et les tablettes de chocolat.

L’IoT ou Internet des Objets est l’une des trois technologies prioritaires de la Région de Bruxelles-Capitale avec le Big Data et la Réalité Virtuelle. Son champ d’application est infini.

Le champ d’application est infini. La start-up littleBits a même conçu des petits composants électroniques flashy et au design soigné pour que les filles s’y intéressent aussi.

Tout peut être hacké, détourné et transformé. La seule limite est votre imagination. Mais afin d’exprimer pleinement son potentiel créatif et de rendre ce monde accessible, il est nécessaire de se libérer des contraintes techniques.

Ayah Bdeir, une jeune femme libano-canadienne de 35 ans, diplômée du MIT, l’a parfaitement compris en lançant sa start-up en 2011. LittleBits (c’est son nom) permet d’inventer, d’animer et de faire dialoguer des objets entre eux sans aucune connaissance en informatique ou en électronique.

Petits composants électroniques, ces littleBits sont accessibles dès l’âge de 6 ans. Couleurs flashy de bonbons acidulés. Design soigné. Tout a été savamment pensé pour que les filles s’y intéressent tout comme les garçons, qui ont tendance à se focaliser principalement sur la partie technique. L’objectif est clairement annoncé. Les littleBits servent à tester, bidouiller et surtout permettre de développer une compétence de plus en plus indispensable: l’adaptation au monde qui nous entoure. En effet, Ayah Bdeir pense que d’ici les 15 prochaines années, la grande majorité des métiers qui seront connus n’existent pas aujourd’hui.

En nous affranchissant de la partie technique – qui demande un minimum de savoir-faire et de connaissances – Ayah Bdeir permet aux mamans d’aujourd’hui d’accéder à ce monde d’opportunités que sont les nouvelles technologies et de les utiliser dans leur quotidien.

Et si en plus, le lave-vaisselle se remplit enfin tout seul, au final, ce n’est que du bonheur.

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