La FEB voulait empêcher les syndicats de bloquer trains, trams et métros

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Les syndicats dénoncent la proposition de "gentlemen’s agreement" de la FEB, qu’ils jugent déséquilibrée.

Plus c’est gros, plus ça passe en général. Mais pas cette fois: la proposition de "gentlemen’s agreement" mise sur la table mardi et dont "L’Echo" a obtenu copie, a été rédigée par la FEB et sèchement recalée par les syndicats. Logique: il y était notamment question de désapprouver des actions comme le blocage des trains, des trams et des métros — autant dire le "core business" syndical.

"La FEB n’est pas neutre quand elle rédige les synthèses."
Un syndicaliste

"Ce n’est pas des propositions de compromis, c’est totalement déséquilibré", juge un responsable syndical. Qui ajoute: "La concertation entre partenaires sociaux ne peut fonctionner qu’à partir du moment où tout le monde joue effectivement le jeu, ce n’est pas le cas. La FEB qui dispose du secrétariat du Groupe des 10 n’est objectivement pas du tout neutre lorsqu’elle effectue des synthèses de ce qui a été discuté dans les groupes de travail". Ambiance.

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Le texte de 8 pages est une actualisation de l’accord de 2002. En lisant l’annexe 2 de la nouvelle mouture du gentlemen’s agreement, les syndicats ont donc failli s’étrangler. Ainsi les partenaires sociaux auraient-ils dû accepter de désapprouver fermement des actes comme les blocages des routes, des autoroutes, des zonings industriels. À cela s’ajoutaient les infrastructures stratégiques qui exigent des mesures de sécurité spécifiques.

Sont listées les cabines à haute tension, les centrales nucléaires ou les pipelines. Si on peut comprendre qu’il s’agit de ne pas perturber le bon fonctionnement d’une centrale nucléaire, la FEB qui a rédigé la proposition de compromis a essayé de pousser beaucoup plus loin: stop aux actions devant "les lignes de trains, trams ou métro à haute tension (…) ou encore (devant) les installations portuaires cruciales". Comprenez: les actions syndicales paralysant ou perturbant le trafic ferroviaire, le métro ou le train auraient été sinon interdites, du moins condamnées par les autorités syndicales.

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C’est bien essayé (de la part de la FEB), mais cela reviendrait effectivement à priver les syndicats de la plupart de leurs moyens d’actions et en clair de toute force de frappe paralysante. "On peut aussi s’étonner que la FEB se mêle de la concertation dans les trains ou les trams alors que c’est déjà pris en charge par les organes dédiés aux services publics", pointe encore un syndicaliste.

Plusieurs autres points majeurs ont encore cabré les syndicats.

Par exemple, "l’interdiction/désapprobation des piquets de grève tenant les gens à l’écart de leur lieu de travail", alors que c’est précisément la raison d’être d’un piquet. Ou encore la tentative de transformer le point de contact des partenaires sociaux en garant du bon déroulement de l’action syndicale: c’est à lui qu’on s’adressera en cas d’incidents ou de problème. Les syndicats voient ici un premier pas vers la responsabilité juridique dont certains partis rêve de les affubler.

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À la FEB, on réfute avoir fait preuve de partialité. "On essaye d’être le plus objectif possible et de travailler sur base d’un consensus", explique le directeur général Bart Buysse. C’est lui qui s’occupe de cette tâche délicate. "On tient compte de tous les points de vue, certaines parties des textes viennent aussi directement des syndicats. Tout ce qui est rédigé entre parenthèses doit encore être discuté", insiste Bart Buysse.

Reste que les négociations sont dans un cul-de-sac et la balle est dans le camp politique – le vice-Premier ministre Kris Peeters proposant d’effectuer un round de médiation entre partenaires sociaux alors que la N-VA appelle d’ores et déjà à passer en force au Parlement par la voie législative sur certains volets de modernisation du droit de grève. Ambiance, on vous disait. On n’est pas encore au printemps, mais il fait déjà chaud.

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