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Roland Gillet: "On part à l'aventure"

©Dieter Telemans

Pour des chiffres appliqués à la lettre par les Européens face à un gouvernement grec qui n’a pas d’expérience politique et qui est très marqué dans les extrêmes, on va aboutir à une solution extrême, qui risque en outre de créer un problème géopolitique. La situation est surréaliste, selon le professeur à la Sorbonne et à l’ULB.

Pour Roland Gillet, professeur à la Sorbonne et à l’ULB, on a perdu beaucoup de temps de sommet européen en sommet européen. Aujourd’hui, c’est une nouvelle fois la Banque centrale européenne (BCE) qui doit gérer une situation à hauts risques, alors que ce n’est pas une autorité politique.

"On a beaucoup parlé de solidarité dans la zone euro, mais la seule institution qui s’est montrée solidaire, c’est la BCE qui a fait baisser les taux d’intérêt des pays périphériques. Si c’est pour en arriver là aujourd’hui, c’est vraiment regrettable. "

"Aujourd’hui, on va faire sortir la Grèce de la zone euro ou la Grèce va sortir, nul ne le sait. Mais on crée de l’incertitude qui est dommageable pour tous. On va à l’aventure, alors qu’on aurait pu régler le problème bien avant pour un pays qui ne pèse quand même que 2% du PIB de la zone euro."

Si demain, explique le professeur de la Sorbonne, la Grèce doit émettre une nouvelle monnaie, cela va créer une incertitude pour toutes les entreprises qui traitent avec la Grèce. Et cela risque de créer un chaos au niveau intérieur, avec même, qui sait, des risques de guerre civile.

"Pour des chiffres appliqués à la lettre par les Européens face à un gouvernement grec qui n’a pas d’expérience politique et qui est très marqué dans les extrêmes, on va aboutir à une solution extrême, qui risque en outre de créer un problème géopolitique. La situation est surréaliste " dit-il.

Que peut faire la BCE? Elle peut évidemment encore sauver la situation (la BCE a finalement décidé dimanche de maintenir son mécanisme de prêts d'urgence dans l'état, ndlr). "Si la BCE devait fermer le robinet pour les banques grecques, nul ne sait quelle sera la réaction des marchés." Et, petit effet collatéral, les touristes qui sont là-bas en Grèce et qui n’ont pas assez de cash risquent aussi d’avoir de sérieux problèmes.

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