Feu vert pour le tronc commun à l'école

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Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé vendredi en troisième et dernière lecture le code balisant le tronc commun organisant un enseignement général jusqu'à l'âge de 15 ans.

Le texte balisant le tronc commun qui organise un enseignement général jusqu'à l'âge de 15 ans a été approuvé par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le texte est la pièce maîtresse du pacte pour un enseignement d'excellence.

Le code sera examiné en commission du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles le 23 avril et devrait être voté en séance plénière le jeudi 2 mai.

Le tronc commun prévoit une diversité de domaines et de disciplines afin que l'assimilation des apprentissages de base résulte d'une combinaison de savoirs, savoir-faire et compétences théoriques et de leur mise en application pratique.

En quoi consiste-t-il, ce tronc commun? Globalement, il s’agit de prolonger l’enseignement général jusqu’à l’âge de 15 ans. Les élèves ne pourront plus s’orienter vers le professionnel à l’issue de leur deuxième année. Cette réforme voit dès lors une modification des grilles horaires. Le latin fait son grand retour parmi les cours obligatoires durant les trois premières années du secondaire en lieu et place de deux heures de français (qui sera enseigné 4 heures/semaine, et non 6). Toujours en secondaire, les cours d’histoire et de géo vont intégrer des savoirs comme l’économie politique et la sociologie. Enfin, pour favoriser la découverte des savoirs plus techniques, le texte prévoit l’instauration de formations (facultatives) "polytechniques", allant de la menuiserie à la couture. Le tronc prévoit également deux heures hebdomadaire d’accompagnement obligatoire pour chaque élève.
La première cohorte devrait recevoir son certificat en 2027.Au terme de ce tronc commun, l’élève recevra un certificat, indispensable pour accéder aux années supérieures. Pour l’heure, impossible à dire ce qu’il se passerait si un élève n’obtenait pas ce certificat. Mais d’ici à sa première attribution, il faudra attendre 2027.

→ Voici le fact-checking de la réforme

Plus aucun doubleur?
Le redoublement des élèves constitue un problème majeur de notre enseignement. Gouffre financier (il coûte 376,3 millions d’euros par an), il nuirait à l’apprentissage des enfants. Pour toucher l’excellence, le pacte prévoit-il la fin du redoublement? Faux.

Le redoublement continue d’exister, mais les modalités vont changer. Déjà aujourd’hui, le bulletin ne fait plus office de seul juge. La décision du conseil de classe joue un rôle prépondérant dans la décision. Avec le pacte d’excellence, la concertation va inclure davantage d’acteurs, à l’instar des parents ou des directeurs de PMS.

Il est en revanche vrai qu’initialement, le projet prévoyait la fin du redoublement. Mais les négociations ont conduit à une adaptation: désormais, l’objectif est la réduction de 50% à l’horizon 2030.

Mais ce poids renforcé ne pourrait-il pas conduire à un plus grand arbitraire dans les décisions et, pourquoi pas, l’obligation de redoublement pour répondre aux objectifs fixés? Le cabinet de la ministre Marie-Martine Schyns insiste sur la notion de confiance envers les professionnels du milieu. Une vision partagée par différents acteurs de la négociation. De plus, le pacte prévoit un dossier d’accompagnement propre à chaque élève qui reprendra des données objectives sur son parcours.

Plus besoin de CEB pour passer en secondaire?

 Certains ont crié à sa mort. Le certificat d’étude de base, délivré à la fin de la 6e primaire, ne serait plus obligatoire pour accéder au niveau supérieur. Vrai.


Mais ça, c’est déjà le cas maintenant. Un élève qui ne réussissait pas son CEB (le taux de réussite s’élève à 85,6% selon les indicateurs de l’enseignement) pouvait accéder à la première différenciée. Désormais, ces années différenciées n’existeront plus. À la place, chaque élève pour qui on aura décidé l’accès au secondaire entrera en secondaire générale, avec des moyens financiers dédiés à compenser son retard. Concrètement, le budget qui revenait jusqu’à présent aux classes différenciées sera attribué à l’encadrement personnalisé des élèves en difficulté. Il est vrai que les projets initiaux voulaient la fin totale du CEB qui n’était plus pertinent vu la globalité du tronc commun et l’obtention, in fine, d’un certificat. Son maintien serait dû, d’après un acteur des négociations, à son obligation pour obtenir un travail dans le public, notamment.

Le néerlandais ne sera plus obligatoire?

 D’aucuns s’en réjouissaient, pourtant. L’enseignement obligatoire des langues passerait à la trappe, notamment avec la fin du néerlandais obligatoire. Faux.

L’apprentissage linguistique va, au contraire, arriver plus tôt dans le cursus scolaire. Aujourd’hui, les cours de langues arrivent à deux moments clés du parcours: la 5e primaire pour le choix d’une première langue, et la 3e secondaire pour le choix d’une seconde.

Avec l’entrée en vigueur du pacte, ces choix arriveront deux ans plus tôt en primaire, un an pour le secondaire. En 3e primaire, l’élève wallon aura le choix entre l’anglais et le néerlandais. L’élève bruxellois, lui, devra suivre le néerlandais. Arrivé en 2e secondaire, il devra choisir une deuxième langue, avec l’obligation (pour le Wallon) de prendre le néerlandais s’il avait choisi l’anglais auparavant.

Dans certaines zones limitrophes, la langue imposée est l’allemand.

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