Chronique | Il tint à peu près ce langage

©BELGA

Née au foot le 12 juin 2014, pour moi Marc Wilmots est et a toujours été entraîneur des Diables rouges.

Tout comme pour mon rejeton Michael Jackson aura toujours été mort. Et il y a autour de Wilmots une telle aura, un tel respect — bien que son déhanché post-but soit loin du moonwalk de la pop star — que je suis tombée des nues quand j’ai appris que ça ne faisait que deux ans qu’il était le sélectionneur de l’équipe nationale. Avant ça il a été joueur, ce qui est somme toute assez classique pour un entraîneur, mais il a déjà participé à un Mondial et c’est lui l’auteur de ce fameux but (j’en entends parler au moins trois fois par semaine) contre le Brésil en 2002, but refusé par l’arbitre sans que quiconque ait jamais compris pourquoi. Les Belges sont plutôt conciliants, mais ça, ça fait douze ans qu’ils l’ont mauvaise. Et Wilmots! Tout s’éclaire. Je comprends maintenant d’où lui vient cette foi obstinée à venir fouler les terres brésiliennes, aiguillonné qu’il est par une faim de victoire et une soif de vengeance.

Il y a un jeu que les fans de foot adorent, c’est jouer au sélectionneur: qui mettre à quel poste pour tel match. N’ayant pas le savoir pour ça, je ne peux pas jouer. Mais ce qui me tente vachement, c’est de jouer à l’entraîneur. Ce soir, les Diables rouges jouent contre la Corée du Sud. Dans les grandes lignes, sans objectivité et sans souci de véracité, je pense que Wilmots va leur dire à peu près ça:

"Moi, les gars, je suis coach. Le coach c’est quelqu’un qui a ses idées en place. Quand c’est bien, il le dit. Quand c’est pas bien, il le dit. Ca peut faire mal mais c’est clair. (1) Alors les gars, je vais vous le dire, vous vous êtes qualifiés pour le Mondial, c’est du passé, c’est que dalle. Vous vous êtes qualifiés pour les huitièmes de finale, c’est du passé, c’est que dalle. Y en a d’autres qui l’ont fait avant vous. (Là, il sous-entend lui en 2002) Et c’est pas comme si vous aviez brillé comme un diamant anversois. Vous avez donné matière à critiquer aux Français, et ça, c’est pas acceptable. Ce soir, les gars, on a la Corée du Sud en face. Le premier qui rit il va me faire quatre tours de terrain illico. On a une équipe fantastique, on n’a pas le droit de faire les cons. On marque les gars, on envoie des ballons au fond du filet, et pas qu’un. Plus qu’on met de buts, plus qu’on évitera l’Allemagne en huitièmes. On n’a pas peur de l’Allemagne. J’ai banni un mot de mon vocabulaire: ‘peur’. Mais les grosses équipes, ça reste les grosses équipes. Nous on n’est pas encore une grosse équipe. Alors la Corée ce soir, on la prend au sérieux. Si elle marque un but, un but qu’on lui donne, qu’elle ne vient pas chercher elle-même, je vous dénonce tous — tous, le banc compris! — à l’ISI. Une petite Inspection spéciale des impôts, ça vous remettra les comptes et les idées en place."

Tiens, Wilmots il me fait penser à un tuyau qu’on m’a refilé: si vous, vous saturez du foot, il y a un truc qui ne sature pas quand les Diables jouent, c’est le serveur Tax-on-web. À joie, joie et demie…

[Suivez Cécile Berthaud sur Twitter en cliquant ici]

(1) En italique, les phrases réellement prononcées par Marc Wilmots, dans un autre contexte bien sûr. Je les reprends de la BD "Que les Diables nous emportent" publiée dans le mook belge 24h01, n°2.

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