L'image de la Belgique sur les marchés reste intact

©REUTERS

Pas de brusque remontée des taux belges. Pas de volatilité qui sorte de l’ordinaire. Les investisseurs ont ignoré l’abdication d’Albert II, concentrés qu’ils sont sur le sort du Portugal.

Le moins que l’on puisse dire est que l’annonce de l’abdication d’Albert II est passée relativement inaperçue sur le marché de la dette belge où l’on pouvait éventuellement craindre un mouvement de méfiance des investisseurs vis-à-vis de la Belgique.

Tout au long de la séance, le taux d’intérêt de l’OLO (obligation linéaire belge) de référence à dix ans a évolué dans une fourchette comprise entre 2,55% et 2,60% pour terminer globalement inchangé par rapport à la veille à 2,59%. En clair, les investisseurs ne demandaient hier pas plus cher pour prêter à la Belgique que ce qu’ils ne demandaient la veille. Au contraire, en caricaturant un peu, la dette belge a plutôt fait office de valeur refuge mercredi au regard de l’onde de choc portugaise qui a déferlé sur le marché obligataire.

"Si on était en plein milieu des vacances, avec zéro information pour alimenter le marché, on aurait pu imaginer un faible impact mais là, les ‘drivers’ qui guident les marchés obligataires écrasent littéralement ce genre de nouvelles. Car on a, d’un côté, la situation au Portugal qui est très inquiétante et, de l’autre, l’incertitude qui prévaut quant à la politique monétaire américaine", relativise Carl Vermassen, spécialiste obligataire chez Petercam, qui rappelle au passage que l’abdication de la Reine Beatrix des Pays-Bas n’avait eu absolument aucun impact sur la dette du pays. "L’impact de cette nouvelle, s’il y en a un, me paraît tellement limité qu’il serait impossible de la distinguer des véritables facteurs qui orientent l’OLO"

Ronald Steenweghen, gérant obligataire chez Degroof, parle, lui, carrément d’un "non-event". "Quand on observe l’évolution intraday du taux à 10 ans belge mercredi, je n’ai rien vu de choquant, rien décelé d’inhabituel. La crise portugaise qui fait peur à tout l’Europe est autrement plus importante aux yeux des investisseurs. Et de toute façon, ce n’est pas parce que le Roi abdique que le discours gouvernemental va tout d’un coup changer ou que la ligne budgétaire de la Belgique va être modifiée. Et ça les marchés le savent bien", dit-il.

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