interview

En danseuse avec Marc Raisière

Pour Marc Raisière, le spinning est plus efficace et moins dangereux que le vélo sur route. Le CEO de Belfius reste stratège avant tout. ©Tim Dirven

Accro au sport, le CEO de Belfius a trouvé dans le spinning un "bon défouloir". On a testé pour vous: une séance d’"interval training". Plus c’est intense, plus il aime.

"Bonjour, je m’appelle Bruno et je vais vous accompagner dans cette séance d’interval training, mélange d’intensité et de récupération. J’espère que vous êtes en forme." Sur l’écran de la salle de spinning, Bruno est un coach du genre motivé. Ça va chauffer ce lundi matin, au 2e étage de la tour Belfius, place Rogier à Bruxelles.

"Je déteste les séances perso! J’aime être en groupe. On papote, on s’encourage, tu vois que les gens souffrent autant que toi, que tu es meilleur… ou moins bon."

Un club de fitness complet, le Belfius Workout, y a été aménagé. Marc Raisière, le CEO de Belfius, nous invite à partager son goût de l’effort intense. Il y a trois ans, le quinqua s’est converti au spinning. Il courait auparavant mais ses genoux lui ont demandé de passer à autre chose.

Deux fois par semaine, il mouline sur un vélo fixe. "Une fois le mercredi, après le comité de direction, pendant une heure et demie, avec un coach qui te pousse à fond. Et puis une autre fois pendant la semaine ou le week-end, quand ça se met." Avec un coach perso ou en cours collectif? "En collectif, je déteste les séances perso! J’aime être en groupe. On papote, on s’encourage, tu vois que les gens souffrent autant que toi, que tu es meilleur… ou moins bon mais alors tu veux progresser!"

Transformer un étage de la banque en salle de sport, c’était une idée à lui. "Je trouvais important de faciliter la pratique du sport pour les collaborateurs." Un an et demi après l’ouverture, la salle compte 800 membres, dont une centaine récemment inscrite avec l’arrivée des équipes de Belfius Insurance, qui ont rejoint celle de la banque dans la tour. Chacun paie 17 euros par mois pour avoir accès à l’espace et aux cours. "La salle doit être autosuffisante, elle ne peut pas coûter un centime à Belfius", insiste le financier, tout en accélérant gentiment la cadence

Boxe

©Tim Dirven

"Mon sport favori, c’est la balle pelote."

Matin-midi-soir, des cours de stretching, pilates, yoga, spinning y sont proposés mais aussi de krav-maga, queenax, taekwondo. "Et même la boxe. J’avais commencé ici, mais j’ai dû arrêter: avec le travail supplémentaire que demande la préparation de l’IPO, ce n’était plus possible. Je reprendrai en septembre. Je ne connais rien de plus intensif. La boxe, ça te vide encore plus que le spinning."

C’est son truc, le sport. Depuis toujours. À Maredsous où il a grandi, il a joué au foot (milieu de terrain au FC Denée), au tennis, au handball. Il a aussi beaucoup joué à la balle pelote, son sport "favori". "J’ai commencé à Denée puis j’ai été transféré à Bioul, qui était en deuxième nationale, on jouait à un bon niveau, j’adorais ça!"

Une fois à l’université, la fête a remplacé le sport dans l’agenda de celui qui présidera le cercle de maths-physique. "C’était un super moment mais pas très sportif!" Il a repris après les études: tennis, fitness, jogging. "Comme tout le monde quoi, mais régulièrement."

Son CV express

• Né en 1963 à Namur.

• Licencié en sciences mathématiques et actuarielles, à l’UCL.

• Carrière dans l’assurance, en bonne partie chez Axa avant de devenir CEO de Belfius Insurance en 2012 puis de Belfius Banque en 2014.

"Gardez la cadence, verrouillez le centre du corps par les abdos et les lombaires", insiste Bruno qui, lui aussi, commence à avoir le souffle court. Tiens au fond, pourquoi le spinning et pas le vélo sur route, si prisé des patrons belges (en particulier flamands)? Ce ne serait pas plus sympa de rouler vraiment? "Le spinning est plus intense et donc plus efficace pour la perte de kilocalories. Parce que c’est aussi le but, garder la ligne! Et puis, je trouve le spinning beaucoup moins dangereux que le vélo sur route." Une réponse faite de rendement et de probabilité: Marc Raisière n’a pas pour rien étudié les mathématiques et l’actuariat.

"OK, augmentez la résistance, on passe en danseuse, commande Bruno sur fond de beats. Prenez des appuis plus puissants avec le poids du corps." Fini de rigoler. Les montées fictives s’enchaînent. "Tenez bon. On lâche rien!" Le fil de la discussion se perd dans l’ascension du Passo dello Stelvio, quelque part dans les Alpes italiennes. "Vous pouvez faire plus, alors faites-le. Jusqu’au bout!" On commence sérieusement à le détester, le Bruno.

"Reviens quand tu veux, Papa"

Quand vient la descente finale, c'est la libération. ©Tim Dirven

C’est là que le cardio s’emballe (on pourrait aussi parler transpi, mais bon), qu’on se demande pourquoi on a dit "OK" à cette bête idée, s’envoyer un col de montagne à 8 heures. Et puis soudain, c’est la descente finale. Rhaaa, ce moment délicieux où ça s’arrête. "Je vous avais dit que c’était costaud le spinning!, lance le banquier en legging. C’est un bon défouloir et après, qu’est-ce que vous vous sentez bien! Bon allez, quelques étirements et à la douche." Le CEO récupère son portable. "Ça aussi, j’aime dans le sport: tu oublies ton smartphone, tu te coupes du flot incessant des infos."

"J’ai pris un coup de vieux il y a trois ans quand j’ai voulu faire une séance d’abdos avec mon fils."

À 55 ans, est-il encore tenté par un grand défi sportif? "Non. Le sport pour moi aujourd’hui, c’est une question d’équilibre, de jouissance. Sentir que le corps est mieux après qu’avant. Je ne vais pas me lancer tel ou tel défi pour me prouver que je peux encore le faire. Il faut dire, j’ai pris un coup de vieux il y a trois ans quand j’ai voulu faire une séance d’abdos avec mon fils. Je l’avais chambré: “Je vais t’exploser”. En fait, j’ai dû arrêter en cours de séance… Il ne m’a pas loupé: “Tu reviens quand tu veux, Papa!” Là j’ai compris qu’en sport, il était temps pour moi de penser avant tout au bien-être. On ne peut pas être et avoir été."

Son album de l'été

"Exil", le nouvel album d'Axelle Red.

Sa terasse de l'été

River Woods Beach Club, les pieds dans le sable, à Knokke.

Ses livres de plage

"Digitalis" de Thierry Geerts (le boss de Google Belgium), "Reinventing Organizations" de Frédéric Laloux, et deux polars de Jo Nesbø: "Le Fils" et "La Soif".



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