"Mes amis m'appellent Philippe l'Africain"

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Philippe de Selliers, le patron de Leonidas, a découvert l’Afrique du Sud par son père. Depuis 30 ans, il va régulièrement se ressourcer dans la sérénité de la nature entourant Port Elizabeth.

Le hasard de la dernière rencontre de notre série sortant des sentiers battus du monde des affaires et de la politique nous emmène loin. Très loin. À près de 10.000 kilomètres. Philippe de Selliers, qui dirige depuis un an et demi le chocolatier Leonidas, voue en effet une véritable passion à l’Afrique du Sud. En particulier la région de Port Elizabeth, la grande ville portuaire située au bord de l’océan Indien.

CV EXPRESS

• Muni d’un master en sciences commerciales et financières de l’Ichec, Philippe de Selliers lance sa carrière au service de Mars en 1991.

• En 1997, il passe chez Coca-Cola Enterprises où il assume diverses fonctions.

• Il y dirige notamment les ventes et la logistique pour la Belgique et le Luxembourg.

• En 2014, il quitte Coca-Cola pour devenir COO du groupe Van Marcke, actif dans les sanitaires, les salles de bains et le chauffage.

• Depuis mars 2017, il est le CEO de Leonidas.

C’est là que ce quinquagénaire fringant a trouvé sa mer de la Tranquillité. Il y a trois ans, il a repris la propriété de son père François, un homme d’affaires belge arrivé en Afrique du Sud au début des années 80 et qui a fait une bonne partie de sa carrière dans   de ce pays. La résidence paternelle est devenue le pied-à-terre de Philippe de Selliers.

"J’ai commencé à aller en Afrique du Sud vers la fin des années 80, et je m’y suis très vite attaché. Ce pays est extraordinaire parce qu’il allie modernité et nature. C’est cette dichotomie que j’aime. Il est d’ailleurs probable que dans un pays moins développé, je finirais par m’ennuyer", explique le CEO de Leonidas.

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Harmonie totale

Passer de la gestion de la production de pralines et de chocolats à la sérénité d’une nature luxuriante au bout du continent africain, on fait difficilement mieux comme dépaysement.

"Je suis quelqu’un d’assez dynamique, enthousiaste, un peu speedé. Là-bas, je parviens à vivre au rythme de la nature, dit Philippe de Selliers. C’est le seul endroit sur terre où je me sens en harmonie totale avec la vie. La semaine dernière, j’ai pris un congé de cinq jours en Italie. J’ai passé 100% de mon temps à travailler! Ce n’est pas le cas en Afrique du Sud, où j’arrive vraiment à déconnecter."

Les zèbres, les impalas, les antilopes, les oiseaux…. à entendre Philippe de Selliers, impossible de s’ennuyer. "Quand j’arrive là, je prends ma vieille jeep et je vais directement dans la nature à l’affût des animaux."

Rien de mieux que d’admirer la faune dans son biotope, affirme-t-il. "On peut voir les animaux dans des contextes toujours différents. Vous allez au château de Versailles, c’est très beau, mais c’est immuable. La dernière fois que j’ai été là-bas, j’ai vu deux jeunes zèbres jouer ensemble. Je suis resté plus d’une heure, c’était tout simplement extraordinaire. Vous êtes toujours surpris, vous ne savez jamais à l’avance ce que vous allez voir."

"Le problème en Europe, c’est que quand quelque chose ne fonctionne pas, on est catastrophé. Là-bas, on est content quand les choses fonctionnent."

Non content de profiter autant que possible de son port d’attache sud-africain, le patron de Leonidas aime aussi partager sa passion. Il y emmène ses enfants, aujourd’hui adultes, des amis aussi. "Ils m’appellent Philippe l’Africain, parce que j’y suis différent, ne fût-ce que par le niveau de stress."

L’explication est simple, selon lui. "Le meilleur ami de mon père, un Belge qui vit aussi depuis plusieurs dizaines d’années en Afrique du Sud, disait que le problème en Europe, c’est que quand quelque chose ne fonctionne pas, on est catastrophé. Là-bas, on est content quand les choses fonctionnent. C’est une bonne définition: il y a des coupures d’électricité – car là-bas, le black-out est une réalité. Ici, ce genre de chose me stresserait. Là-bas, pas du tout. Ma vieille jeep me lâche au bord de la route une fois sur deux, j’en prends mon parti, je fais du stop et on me ramène chez moi."

"Je loue un projet"

Pas question toutefois de louer la maison via une agence. "Je ne loue pas une maison, mais un projet, et seulement à des amis ou à des connaissances indirectes. L’idée, c’est de pouvoir échanger avec les gens, de comprendre ce qu’ils recherchent et d’élaborer un programme à leur sauce. Cela me permet quelque part de vivre là-bas par procuration six mois par an", explique Philippe de Selliers.

ses vacances de l’été

"Poser la question, c’est y répondre. l’Afrique du Sud bien sûr. J’y vais en novembre prochain."

Sa cantine de l’été

"J’ai un faible pour le Vingt heures vin, un bar à vin de La Hulpe. On y mange bien, sur des tables hautes avec des plats qui circulent, ce qui favorise la convivialité. Et les serveurs sont très serviables."

ses livres de plage

"En réalité, je lis très peu. Mon auteur favori est John Grisham. Il a le don de nous emporter dans son histoire dès la première page. J’ai dévoré ‘La Firme’ et ‘L’Affaire Pelican’."

son tube de l’été

"Je suis un fan absolu de Madonna. Cet été, j’ai beaucoup apprécié le tube d’Henri PFR ‘In The Mood’."

Louer la maison lui permet aussi de préserver l’emploi des trois personnes employées par son père. "C’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai voulu assurer la pérennité du domaine. Ils ont travaillé pendant vingt ans pour lui. Il n’y a pas d’allocations de chômage là-bas, s’ils perdaient leur job, c’était fini pour eux."

Très attaché au pays de Nelson Mandela et aux habitants de Port Elizabeth, connus pour leur extrême gentillesse, Philippe de Selliers entend bien rendre à la population locale une petite partie des chances qu’il a lui-même eues dans la vie. "Je ne sais pas encore exactement comment. Cela pourrait être une aide dans le domaine de l’éducation. Il y a beaucoup de choses à faire pour la population parce qu’il y a encore des inégalités invraisemblables."

Pour le patron de Leonidas, le pays arc-en-ciel qui a succédé à l’apartheid grâce à Nelson Mandela est une réussite sur le plan racial, mais pas sur le plan économique. "La transition n’est pas une réussite. Par exemple, dans une ville comme Port Elizabeth qui connaît un chômage endémique, les autorités exigent que l’on engage des Noirs et pas des Blancs. Cela n’a pas de sens. C’est de la discrimination dans l’autre sens", souligne-t-il.

L’attachement de Philippe de Selliers à l’Afrique du Sud est viscéral. Varier les destinations de vacances ne l’intéresse d’ailleurs plus. "Je suis trop bien là-bas. On se retrouve d’un coup dans un autre monde. La maison est agréable, et, ce qui ne gâte rien, on mange très bien en Afrique du Sud, et pour pas cher."

Philippe de Selliers a déjà fait le voyage une trentaine de fois depuis dix ans, mais il continue encore de découvrir chaque fois quelque chose de nouveau, dans un périmètre assez limité. "On est juste à côté de Jeffrey’s Bay, une plage où sont organisées de grandes compétitions de surf, de windsurf, de kitesurf… Il y a les baleines qui passent aussi au large en août et septembre. La montagne n’est pas loin non plus. Il y a vraiment tout dans un rayon de 200 km: la mer, des canyons, des montagnes, le désert, les animaux..."

Le patron du chocolatier d’Anderlecht n’en fait pas mystère, il y aura pour lui une vie après Leonidas. "Mon ambition, c’est de vivre un jour là-bas, au moins six mois par an, de m’y installer plus sérieusement. Actuellement, je m’y rends trois ou quatre fois par an, entre six et sept semaines par an en tout."

Philippe de Selliers ne le dit pas ouvertement, mais on perçoit presque un petit goût de trop peu…

 

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