Sur la "High Line" avec Caroline Désir

©SISKA VANDECASTEELE

Qu'ont en commun le yoga, le réalisateur espagnol Almodovar et la Reine Elisabeth II? Probablement pas grand-chose, si ce n'est qu'ils occupent chacun une place dans la vie extrapolitique de Caroline Désir.

Sous un ciel menaçant, nous attendons Caroline Desir, figure montante du PS. Pour cette rencontre, elle nous a donné rendez-vous au pied de la High Line! Non, on ne vous parle pas de la célèbre promenade suspendue new-yorkaise, mais de son homologue ixelloise. Ça ne s'invente pas! Si la longueur de ce parcours cyclopiéton est moindre que dans la Big Apple, environ 400 mètres contre 2,3 kilomètres, le cadre en bordure de voie ferrée est particulièrement plaisant.

Pile à l'heure convenue, la ministre francophone de l'Éducation, montée sur un vélo Brompton rose bonbon arrive tout sourire. Elle nous le dit d'emblée: elle a l'habitude des lieux. Après avoir œuvré au développement de la promenade en tant qu'échevine ixelloise, elle l'emprunte aujourd'hui régulièrement pour se rendre à son cabinet de la place Madou.  "J'aime vraiment bien me promener ici pour déconnecter. C'est un endroit insolite, d'où l'on voit la ville autrement." À l'avenir, celle qui est toujours conseillère communale espère voir ce parcours se développer, mais aussi d'autres initiatives émerger le long des talus de chemin de fer.

Elle a probablement une idée plus précise, mais nous nous sommes fixé une règle: aujourd'hui, on n'aborde pas de dossiers liés à une quelconque activité politique. Par contre, on essaye d'en savoir un peu plus sur la personnalité derrière la ministre.

Pas de plan de carrière

Des idées, que ce soit pour l'enseignement ou d'autres domaines, Caroline Désir en a plein la tête. Dans sa fonction, c'est un atout. Pourtant, elle l'avoue: elle n'imaginait pas une carrière dans le monde politique. "Mon grand-père (Georges Désir, NDLR) en faisait partie et ça ne me donnait pas vraiment envie."

Une fois le pied à l'étrier, au PS et non chez DéFi (ex-FDF) comme son aïeul, l'Ixelloise a cependant rapidement gravi les échelons. Conseillère communale en 2006, députée bruxelloise en 2009 et ministre en 2019, on peut dire qu'elle n'a pas perdu de temps. De quoi sera fait l'avenir? Elle s'en tracasse peu: "Je ne fais jamais aucun plan."

" Je commence seulement à réaliser maintenant, alors que le confinement s'achève, que les choses ont changé. On m'interpelle tout le temps dans la rue."

Pour l'heure, elle doit apprendre à vivre avec une notoriété nouvelle, gagnée à la faveur de la crise du Covid-19. " Je commence seulement à réaliser maintenant, alors que le confinement s'achève, que les choses ont changé. On m'interpelle tout le temps dans la rue", reconnaît la quadragénaire.

Impossible de lui donner tort. Pendant la petite heure qu'a durée notre interview, la ministre est sollicitée à plusieurs reprises par des passants. Ce n'est pas pesant d'être constamment reconnue, ose-t-on. "Pas du tout parce qu'à Bruxelles, et en Belgique, les gens sont sympas!" Sur ça non plus, on ne se risquera pas à lui donner tort...

Danse et yoga

Si la politique est importante, s'en déconnecter par instant l'est tout autant pour la jeune socialiste . "J'ai parfois besoin de m'échapper. J'aime sortir avec des amis qui n'ont rien à voir avec ce monde."

"J'ai parfois besoin de m'échapper. J'aime sortir avec des amis qui n'ont rien à voir avec le monde politique."

Une activité sportive régulière, voilà un autre exutoire indispensable pour celle qui fut longtemps une férue de danse classique. Une vraie passion, qu'elle ne pratique toutefois plus, faute de temps, mais aussi parce qu'elle est "trop vieille", s'amuse-t-elle.

Outre des "pieds massacrés" par les pointes, elle a cependant gardé de cette discipline contraignante et intense, un besoin de se dépenser physiquement. "Chaque matin, j'essaie de faire 20 minutes de yoga. A part ça, j'aime bien courir."

Almodovar et Elisabeth II

À côté des sorties entre amis et des activités sportives, la ministre le confesse: elle ne dit jamais non pour un bon film ou une série télé.

Son must absolu sur grand écran, les films du réalisateur espagnol Pedro Almodovar. "Je les ai tous vus, certains une dizaine de fois. J'adore son univers décalé, ouvert et hyper tolérant, mais aussi le regard qu'il pose sur les femmes. Il a une façon de les filmer qui est incroyable", s'enthousiasme-t-elle.

"J'adore l'univers décalé, ouvert et hyper tolérant de Pedro Almodovar, mais aussi le regard qu'il pose sur les femmes. Il a une façon de les filmer qui est incroyable."

Plus près de chez nous, les films sociaux des frères Dardenne la touche beaucoup. Éclectique, elle a récemment apprécié de grosses productions américaines, telles que "Joker" ou "1917", mais aussi la palme d'or cannoise, le fim coréen "Parasite".

Sur petit écran, elle vient d'achever la série "Baron noir", mettant en scène les divisions de la gauche dans l'Hexagone. Elle attend aussi avec impatience les nouveaux épisodes de "The Crown". Caroline Désir, fan de la monarchie anglaise? "Pas du tout, mais Élisabeth II est un personnage fascinant. Elle a traversé quasiment un siècle d'histoire!"

À côté des écrans, un bon livre reste une valeur sûre. Ne lui demandez pas de titres, elle les oublie "tous". Par contre, elle cite sans problème quelques auteurs qu'elle apprécie: Pierre Lemaître ("Au-revoir là haut"), Édouard Louis ("Qui a tué mon père?"), Leon Tolstoï ("Anna Karenine") ou encore Hans Fallada ("Seul dans Berlin"). Éclectisme, quand tu nous tiens...

En musique par contre, Caroline Désir a un artiste de prédilection. Un "hors catégorie" comme elle l'explique: David Bowie.

On aimerait poursuivre la discussion, parler encore des multiples défis de l'enseignement, mais ce sera pour une autre fois. Aujourd'hui, l'année scolaire s'achève et la règle était claire: pas de politique!

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