Bernard Lescot, un épicurien sans complexe ni passion dévorante

Co-fondateur et administrateur de la société Systemat, Bernard Lescot est un homme de réseau, amateur de sport et de gastronomie, sans la moindre prétention.

"Quand je pense aux différentes choses que j’ai faites, ou que je pourrais encore faire, je n’ai ni frustration, ni fantasme." Bernard Lescot le revendique formellement: ce n’est pas un homme de passion. "J’aime m’intéresser à beaucoup de choses mais je ne suis pas de ceux qui ont des vocations fortes et absolues", précise le co-fondateur et administrateur de Systemat.

Il ne se revendique pas dilettante pour autant: "Quand je m’intéresse à quelque chose, j’aime en apprendre un maximum, bien connaître, mais je me lasse vite." Entre autres exemples, Bernard Lescot a été membre d’un club de dégustation de vin pendant 10 ans, mais a progressivement commencé à s’y ennuyer. Même constat pour la photographie, qu’il a  pourtant beaucoup pratiquée dans sa jeunesse, mais qu’il délaisse quelque peu.

Seule limite à cette lassitude, les paysages: " Je peux passer des heures à chercher, puis admirer des paysages. La mer, surtout, me fascine complètement", explique-t-il.  Raison pour laquelle il s’est d’ailleurs pris d’une sérieuse affection pour l’île de Saint-Barthélémy, dans les Caraïbes, où il se rend régulièrement en vacances.

CV Express

Né le 12 juin 1957 à Uccle, fils d’indépendants-restaurateurs aux commandes du Carlton.

Bernard Lescot passe primaires et secondaires à l’Athénée Robert Catteau, près du Palais de Justice. Il enchaîne ensuite avec un diplôme en administration et gestion à l’IAG à Louvain-la-Neuve.

Après deux années passées chez Olivetti, il fonde en 1984 la société d’informatique Systemat avec Jean-Claude Logé.

Après plusieurs succès à l’échelle internationale, l’entreprise connaît une passe difficile au moment de l’éclatement de la bulle internet et se recentre sur les marchés belge et luxembourgeois.

Il devient en 1997 président du comité de direction du Royal Léopold Club à Uccle, club sportif qu’il fait intégralement réaménager en 2007.

Marié et père de deux filles, il continue à pratiquer régulièrement le golf et le hockey.

Cette absence de passion forte ne s’applique d’ailleurs pas qu’aux loisirs: malgré son parcours à la tête de Systemat, il ne ressent toujours pas de réel engouement pour l’informatique.

"Je détestais l’informatique au début, cela me semblait obscur et pas forcément intéressant. À l’heure qu’il est, je m’y connais évidemment bien plus, je suis au courant de tout ce qui se fait, mais je n’ai jamais même ouvert un ordinateur ou écrit la moindre ligne de programmation", avoue-t-il avec un sourire timide.
Gastronome accompli

Seule véritable passion, peut-être, la gastronomie. Le poids de la génétique sans doute : avec un père aux commandes du restaurant Carlton, alors en concurrence directe avec la Villa Lorraine, on pouvait difficilement imaginer un Lescot junior rester hermétique aux arts de la bouche.

Respectueusement, l’homme mange donc au restaurant presque tous les jours. Il est amateur de truffes noires autant que de simples tartares, avec, tout de même, une légère préférence pour la cuisine française et un amour intact pour le vin, surtout du Bordelais.

Sportif du dimanche revendiqué

Alors qu’il nous reçoit au Royal Leopold Club à Uccle, on découvre progressivement une autre facette du personnage:  si Bernard Lescot n’est pas un homme de passion, il est par contre un homme de réseau. Pas un seul membre du club qui ne le salue pas à son passage. Et Bernard les connaît tous, au point de nous gratifier, lors du déjeuner, d’un mémorable plan de table:  "Celui-ci c’est un grand cardiologue, à sa gauche un architecte, là je ne suis pas tout à fait sûr mais c’est en tout cas un ami de..." C’est d’ailleurs l’une des seules qualités qu’il s’attribue, il est doté "d’une mémoire encyclopédique".

Ce club sportif, il y tient beaucoup et y consacre une bonne partie de son temps.

Président de son comité de direction depuis 1997, c’est lui qui, en 2007, parvient à convaincre les actionnaires du "Léo" de financer un large chantier de réaménagement, à hauteur de près de 5 millions d’euros. Un résultat dont il est plus que fier en évoquant, durant une petite visite guidée, les nombreux aménagements qui ont été faits dans le complexe.

Champagne ou trappiste ?
Trappistes, sans hésitation, à moins d’un excellent champagne.

Grèce ou Allemagne?
J’opterais pour la Grèce... mais surtout pour faire du bateau ! Sinon, aucun des deux.

Blackberry ou iPhone?
Aucun des deux : un smartphone de HTC avec Windows Mobile comme système d’exploitation.

Fromage ou dessert?
Fromage! Dans la mesure où je suis quand même un grand amateur de vin rouge, ça s’impose assez naturellement. Dès le départ, je ne suis pas très porté sur le sucré, en plus.

Voiture ou vélo?
Je vais devoir choisir la voiture, paresse oblige, même si "conceptuellement" je trouve le vélo sympathique (rires).

Gainsbourg ou Brel?
J’admire les deux, mais j’ai un attachement plus profond aux chansons de Jacques Brel.

Paris ou NewYork?
Paris, c’est un ville qui a un charme inouï, qui dispose de nombreuses facilités et qui, chose exceptionnelle, n’arrive pas du tout à me lasser! À côté de ça, j’aime aussi beaucoup Rome,qui est à la fois belle et très vivante, organique.

Bear ou Bull?
Plutôt bear, mais dans tous les cas c’est quelque chose que j’ai souvent tendance à déléguer.

Lève-tôt ou couche-tard?
Un peu les deux, en fait, mais couche-tard est plus pertinent en ce qui me concerne.

Thé ou café?
Une, et une seule tasse de café bien serré dans la matinée, et souvent une tasse de thé en fin de soirée.

"Le sport reste clairement quelque chose que je pratique beaucoup, mais là non plus, je ne peux pas vraiment dire que je sois doué." Il privilégie le hockey, qu’il a pratiqué pendant de très nombreuses années, et pour lequel il reste membre d’un club de vétérans jouant un week-end sur deux.

Membre du Golf Club du Zoute et logeant dans le domaine du golf de Rhode-Saint-Genèse, il reste néanmoins particulièrement modeste quant à sa pratique, à la limite de la dérision. Il a ainsi créé avec des amis le "Barabarian Golf Club", qui rassemble des connaissances de longue date fédérées par leur fréquentation assidue du ... Barabar, café mythique de Bruxelles.

Un parcours de golf qu’il a commencé grâce une fois encore à son père, qui l’a très rapidement inscrit dans un grand club.

"J’ai un handicap qui me permet de jouer un peu partout dans le monde, et on essaie d’organiser un voyage tous les deux ans avec le Barabarian."

Parallèlement, la société Systemat s’est lancée dans le sponsoring de jeunes talents belges du golf. Cette fibre "sportive" l’a aidé, d’après lui, à lutter contre son officielle timidité. "Cela m’a clairement aidé à entrer en contact avec les gens, ce qui fut plus que nécessaire dans le cadre de mon métier!"

Romans policiers et city-trips

Au rayon lectures, Lescot se veut fana de romans policiers. Les ouvrages de Ken Follett et John Grisham figurent en belle place dans sa bibliothèque. À leurs côtés, beaucoup d’autres romans policiers, historiques ou financiers, avec une mention spéciale pour les ouvrages de Dan Brown et un coup de coeur absolu pour "Stupeurs et tremblements" d’Amélie Nothomb.

Il voyage aussi, mais il doit la majorité des choix de destinations à sa famille, même si son travail lui a permis quelques visites. "J’ai fait pas mal de bateau avec mon père et maintenant, ce sont mes deux filles et ma femme qui prennent la relève pour me faire découvrir le monde", explique-t-il. Ses deux filles étudient en effet à l’étranger et se déplacent fréquemment: l’occasion pour la  famille Lescot de se retrouver dans différents coins d’Europe et du monde. "On prend rarement de grandes vacances, plutôt toute une série de petits week-ends à la mer ou des city-trips et un plus gros congé pour aller à Saint-Barthélémy."

Quant au luxe que l’on associe presque systématiquement à la pratique du golf et à l’île de Saint Barthélémy, Bernard Lescot le nuance : "J’avoue aimer les belles choses, boire du bon vin et visiter de beaux endroits. Le confort me plaît clairement, mais je suis rebuté par tout ce qui est trop ostentatoire."

Younes Al Bouchouari

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