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Omar Ishrak, secoué par la scandale des implants

©AFP

Le CEO de Medtronic voit sa société épinglée dans l’enquête sur les implants. Un revers pour le leader mondial des prothèses et des technologies médicales.

Son entreprise, leader mondial des technologies médicales, est accusée d’être liée à un incident sur cinq impliquant les implants médicaux: Omar Ishrak, patron de la firme américaine Medtronic, est mis en difficulté suite à une enquête journalistique internationale laissant entrevoir que sa société est potentiellement impliquée dans 9.300 décès et 292.000 blessures entre 2008 et 2017 aux Etats-Unis. Dans un long article sur son site internet, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) énumère également nombre de cas dans lesquels Medtronic a été mis en cause, sur le terrain judiciaire ou éthique, pour un usage peu réglementaire de ses implants, ou des relations douteuses avec des médecins qui ont recours à ses produits ou sont à l’origine d’études favorables.

Un mega rachat

Le coup est rude pour celui qui dirige Medtronic depuis juin 2011. L’entreprise, dont le siège social est situé à Dublin, est le numéro un mondial des technologies médicales, avec un chiffre d’affaires annuel de 29 milliards de dollars et des activités dans plus de 160 pays. Son portefeuille de produits concerne un large éventail de pathologies, notamment les maladies cardiaques et vasculaires, les affections respiratoires et neurologiques, le diabète… Medtronic a notamment créé le premier stimulateur cardiaque portable en 1957.

C’est Omar Ishrak qui avait décidé et piloté en 2014 le rachat du concurrent irlandais Covidien pour 42 milliards de dollars. À l’époque, tous les spécialistes avaient surtout épinglé le fait que, outre son caractère inédit dans le secteur des medtechs, l’opération avait clairement un objectif fiscal. Elle avait permis au nouveau poids lourd de délocaliser son siège social historique, anciennement situé à Minneapolis, pour le transférer en Irlande, où le taux d’imposition sur les bénéfices était moitié moindre de ce qu’il est aux USA. Ishrak s’est défendu en indiquant que l’argent économisé serait réinvesti à Minneapolis.

Philanthrope

L’homme aime d’ailleurs afficher un profil de philanthrope: il est en effet coprésident de la communauté "Health and Healthcare" au sein du Forum économique mondial, un organe qui se concentre sur l’avenir des systèmes de santé dans le monde. Ces leaders internationaux travaillent notamment sur la promotion de comportements sains, une meilleure gestion des pandémies et épidémies, et l’amélioration de l’accès aux soins à travers le monde. Omar Ishrak est par ailleurs membre du conseil d’administration de l’Asia Society, le principal organisme pédagogique favorisant la compréhension mutuelle entre l’Asie et les États-Unis

Avant de rejoindre Medtronic, Omar Ishrak avait travaillé 16 ans chez General Electric et, plus récemment, en tant que Président et CEO de GE Healthcare Systems, une division de GE Healthcare d’une valeur de 12 milliards de dollars.

Au début de sa carrière, il avait accumulé 13 ans d’expérience en développement technologique et en gestion commerciale en occupant des postes de direction chez Diasonics/Vingmed et différents postes d’ingénierie et de développement de produits chez Philips Ultrasound.

Les USA en auto-stop

Au cours de la rédaction de sa thèse, Omar Ishrak a traversé tous les États-Unis en auto-stop. Un périple qui lui a permis de passer par toutes les universités dotées d’une unité d’échographie, dans le but de rencontrer des professeurs qui pourraient l’aider à travailler sur sa thèse.

Bien payé mais modeste

Bien qu’étant considéré comme un des patrons les mieux payés des Etats-Unis, Omar Ishrak, 62 ans, est décrit comme un personnage modeste par ceux qui le rencontrent. Souvent habillé de façon détendue, il ne se montre ni arrogant ni soucieux de travailler son image. Dans les conversations avec les journalistes, il aborde sans détours les points négatifs au sein de sa société.

Eduqué à Londres et au Bangladesh

Omar Ishrak a grandi au Bangladesh et a obtenu un baccalauréat en sciences et un doctorat en génie électrique de l’Université de Londres, King’s College.

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