Philippe Dubois, seul candidat au poste de rectorat de l'UMons

L’UMons se choisit un nouveau recteur cette semaine. Un seul candidat se présente: Philippe Dubois. Il est un des vingt spécialistes mondiaux des matériaux polymères et composites.

Il y a du changement dans l’air à l’université de Mons. Après neuf années passées à la tête de l’institution, le Pr Calogero Conti, atteint par la limite d’âge, s’apprête à passer le flambeau.

Suspense….? Pas vraiment. Même s’il faudra attendre jeudi midi pour qu’une annonce officielle soit faite, on notera que le Pr Philippe Dubois est seul à se présenter. "Mais quoi qu’il arrive, je ne serai pas recteur pendant neuf ans", précise-t-il d’emblée. "Huit tout au plus… Si je suis plébiscité". La loi n’autorise en effet plus que deux mandats de quatre ans à la tête d’une université en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le profil
  • 1965: Naissance à Charleroi dans une famille modeste.
  • 1991: Thèse de doctorat en chimie des polymères à l’université de Liège.
  • 1997: Arrivée à Mons où il fonde le Service des matériaux polymères et composites, riche aujourd’hui de 55 cerveaux.
  • 2000: Création du centre de recherche Materia nova à Mons, où il assure la direction scientifique.
  • 2015: Il reçoit, le 1er décembre, des mains du Roi Philippe, un des Prix quinquennaux du FNRS, une des principales récompenses scientifique belges.

Pour ce chimiste spécialiste des matériaux polymères et des nano-composites, les défis qu’il se propose de relever (dès le 1er octobre prochain) concernent d’abord les étudiants et la recherche scientifique. "Les liens entre l’éducation et la science sont indispensables, dit-il. Tout comme l’ancrage régional ‘ouvert sur le monde’, d’une université telle que la nôtre". Le jeune quinquagénaire sait de quoi il parle. Tout au long de sa carrière, il a aussi distillé son savoir à l’université de Liège, à la Michigan State University (USA), l’université de Luxembourg et la Zhejiang University (Chine)…

Tout récemment, il a passé une année sabbatique (2016-2017) au Grand-duché de Luxembourg pour y lancer un centre de recherche de pointe dans son domaine de prédilection: le Centre national des matériaux composites du Luxembourg. Une expérience enrichissante qu’il garde à l’œil comme "conseiller scientifique". "Mais j’avais, sans le savoir, un élastique au pied, confie-t-il. Je sentais que je devais revenir à Mons".

Ascenseur social, ascenseur sociétal

Cette dernière expérience internationale lui a offert un peu de recul et un nouveau regard périphérique et globalisant sur sa propre université. Une institution où il a d’ailleurs assuré de 2009 à 2016 la charge de vice-recteur à la Recherche.

"Je suis convaincu que l’UMons et son offre de formation de proximité a toujours un rôle d’ascenseur social à jouer, dit-il. Ceci, bien sûr, n’exclut pas les collaborations avec de multiples autres institutions, belges et étrangères. Mais l’UMons a aussi un rôle d’ascenseur sociétal à jouer. Nos universités de proximité sont aussi, grâce à leurs formations et leurs recherches, des moteurs qui bénéficient à l’économie locale. Nous avons un rôle de booster collectif à jouer. Un rôle que nos dix instituts interdisciplinaires et interfacultaires sont prêts à relever… À Mons comme à Charleroi. Nous sommes l’université de référence au sein du pôle hainuyer!", rappelle-t-il.

Et si l’homme endosse effectivement l’habit de recteur dans les prochaines heures, ses étudiants n’en seront toutefois pas quittes. "Je conserverai quelques heures de cours par an, assure le charismatique scientifique. C’est indispensable, pour ne pas perdre le contact avec le terrain".

Un "œnophile"

Le Pr Dubois apprécie le bon vin. "J’ai suivi des cours d’œnologie pendant quelques années, confie-t-il. Ce n’est pas pour cela que je m’y connais vraiment. Je préfère donc parler d’œnophilie que d’œnologie…".

À noter toutefois: la seule pièce dotée d’un conditionnement d’air dans sa maison n’est autre que… sa cave.

Toujours prêt pour un petit jogging

L’homme est sportif. "La première chose que je mets dans ma valise quand je pars à une conférence scientifique ou un congrès, ce sont mes chaussures de jogging, avoue-t-il. Et dès que j’arrive à l’hôtel, je cours 10 km pour me détendre… ou mieux encaisser le décalage horaire".

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