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  2. Les réformes de l'été

"Cet accord, c'est un pas de géant... en arrière"

Charles Michel et son équipe ont présenté l'accord conclu cette nuit pour le budget et pour des réformes. Opposition et syndicats estiment que cet accord fait des cadeaux aux plus nantis et ne va pas vers plus de justice fiscale.
  • "Vers une Belgique toujours plus inégalitaire"

    • Ecolo

    Le projet de budgets 2018 et 2019 manque désespérément de justice sociale et d'une vision écologique, estime Ecolo.

    "Ces décisions budgétaires conduisent à une Belgique toujours plus inégalitaire."

    Le parti d'opposition s'inquiète aussi de la "neutralité budgétaire" annoncée par le gouvernement fédéral, rappelant qu'il est déjà arrivé à l'équipe de Charles Michel de surévaluer les rentrées amenées par les mesures décidées. "Les écologistes appellent de leurs vœux des mesures en faveur des PME, mais comment cette réduction de l'Isoc sera-t-elle financée, sinon par des nouvelles mesures qui toucheront les entreprises elles-mêmes?", s'interroge le député fédéral Georges Gilkinet. Il note aussi que le système des voitures de société n'est pas du tout remis en question malgré les recommandations européennes.

    • Le PS

    La cheffe de groupe PS au Parlement fédéral, Laurette Onkelinx, reconnaît que l'accord budgétaire contient "indubitablement" des réformes, mais que celles-ci constituent "un pas de géant... en arrière".

    "L'accord détricote ce qui a fait de la Belgique un des pays les mieux placés sur le plan du bien-être."

    "Le définancement de la Sécu et des services à la population présente des menaces très importantes pour la majorité de la population, dans des secteurs clés comme la Santé, les pensions, l'assurance chômage ou encore la justice et la sécurité", souligne la députée socialiste.

    • La FGTB

    Le syndicat socialiste juge de son côté l'accord "imbuvable, déséquilibré et injuste". Il dénonce des mesures offertes aux "nantis", employeurs et entreprises et des efforts demandés uniquement aux travailleurs.

    "Apparemment, les cadeaux fiscaux octroyés aux grosses fortunes et aux grandes entreprises sont toujours la priorité des priorités pour l'équipe Michel."

    Alors que la FGTB est demandeuse d'une réforme de l'impôt sur les bénéfices des sociétés, elle reçoit une réduction du taux d'impôt des sociétés. "Une mesure incompréhensible, d'autant qu'elle engendrera moins de rentrées pour les finances publiques", juge le syndicat. Cette décision est considérée comme d'autant plus inacceptable que le gouvernement ne prévoit que "des miettes en compensation".  Le syndicat critique également la taxation des comptes-titres, "un remède homéopathique qui n'a que l'apparence d'un impôt sur les fortunes". 

    • La CGSLB

    "Le gouvernement a laissé passer sa dernière chance de tracer les grandes lignes d'une fiscalité du patrimoine raisonnable et équitable", juge le syndicat libéral.

    "La taxation linéaire des (gros) comptes-titres qui devrait générer 254 millions d'euros représente tout juste un emplâtre sur une jambe de bois."

    La CGSLB dénonce "l'ingérence du gouvernement dans les dossiers sociaux, hypothéquant d'emblée l'équilibre des négociations entre les partenaires sociaux". Or, les accords sur la période d'essai et les starter jobs démontrent bien l'importance de cette concertation. Elle déplore "d'autant plus qu'aucun consensus n'a pu être trouvé entre les partenaires sociaux en juin", alors que ces accords étaient "mieux équilibrés".

  • "Un vent frais sur les entreprises"

    • Le SNI

    La majorité des réformes socioéconomiques prises par le gouvernement Michel "sont positives pour les indépendants et PME", a réagi le Syndicat neutre pour indépendants (SNI). Ce dernier applaudit particulièrement la baisse de l'impôt des sociétés, l'élargissement des flexi-jobs aux petites commerces et la réforme de la période d'essai.

    "Compenser cette baisse d'imposition par un impôt minimal de 7,5% pour les multinationales est également juste et équitable."

    Le syndicat salue également que l'achat d'actions soit stimulé. "L'énorme contingent des comptes-épargne dans notre pays devrait ainsi être plus souvent utilisé pour acheter des actions et donc, pour investir dans les entreprises.

    • La FEB

    La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) estime que l'accord du gouvernement fédéral permettra de "renforcer l'entrepreneuriat, la croissance et l'emploi".

    "La consolidation budgétaire est une percée historique."


    La FEB reste cependant vigilante. "Il faut examiner scrupuleusement si certaines avancées ne restent finalement pas lettre morte à cause de l'une ou l'autre modalité de procédure." 

    • UNIZO

    Certaines réformes sont particulièrement "favorables aux PME", souligne de son côté l'Union des entrepreneurs indépendants flamands (Unizo). Elle salue en priorité la baisse du taux d'imposition pour les PME et se dit "curieuse" de voir les mesures compensatoires qui seront prises. 

    "Nous sommes ravis que le gouvernement ait pris ses responsabilités sur la réduction de la période de préavis."


      L'organisation patronale flamande se réjouit encore de l'élargissement des flexi-jobs au commerce de détail, l'assouplissement du travail de nuit dans le secteur de l'e-commerce et la réduction à une semaine de la période de préavis durant les trois premiers mois du contrat de travail. "Cela équivaut en soi à une réintroduction de la période d'essai, ce que l'Unizo, avec d'autres organisations patronales, réclamait depuis longtemps déjà."

    • AGORIA

    Agoria, la Fédération des entreprises de l'industrie technologique, est dans l'ensemble satisfaite de l'accord budgétaire du gouvernement fédéral, qui "souffle un vent frais sur les entreprises".

    "Attirer les investisseurs reste très important pour le maintien de l'emploi et de la croissance du pays."

    Agoria juge par ailleurs positif que la baisse de l'impôt des sociétés débute en même temps pour les grandes et petites entreprises. "Les PME et les grandes entreprises ont après tout besoin les unes des autres", déclare Marc Lambotte, administrateur délégué.

  • "Il va falloir travailler pour implémenter ces décisions dans la réalité"

    "Ces paquets de décisions vont devoir faire l'objet d'une implémentation. Il y a encore un processus juridique et parlementaire. Il va falloir travailler pour implémenter ces décisions dans la réalité", a conclu Charles Michel.

  • "Il faudra travailler plus longtemps mais nous allons soutenir les personnes actives"

    "Il y aura de nouveaux effets du tax shift sur la santé. Il faudra travailler plus longtemps, mais nous allons soutenir les personnes actives", indique Maggie De Block.

  • C'est Maggie De Block, la ministre de la Santé, qui prend la parole

  • "On va réduire les taxes pour les PME extrêmement vite, passant à 29 puis à 25%"

    "On va réduire les taxes pour les PME. Ce sera très rapide, passant à 29 puis à 25% extrêmement vite. On va augmenter les petites pensions dès le 1er janvier 2018 et on va renforcer les 2e et 3e piliers. On va également baisser les charges pour les indépendants", indique Didier Reynders.

  • Didier Reynders, le ministre des Affaires étrangères, s'exprime

  • "Nous allons créer des jobs et renforcer l'économie"

    "Nous allons baisser les taxes et cela va profiter aux pensionnés. Nous allons créer des jobs et renforcer l'économie en donnant plus de libertés aux acteurs économiques", indique Alexander De Croo.

  • C'est Alexander De Croo, le ministre de la Coopération au Développement, qui s'exprime

  • "Il y aura une diminution d'impôts énorme, du jamais vu"

    "Il y aura une diminution d'impôts énorme, du jamais vu. Le tax shift va nous permettre de taxer les grands capitaux et cela va donner un boost à notre économie", prévient Jan Jambon. "Je suis très satisfait de cet accord. Nous avons travaillé jour et nuit mais ça en valait la peine."

  • C'est Jan Jambon, le ministre de l'Intérieur, qui prend la parole

  • "Je suis convaincu que nous allons créer beaucoup plus d'emplois"

    "Nous allons mettre en place des starters jobs. Nous voulons combattre la pauvreté. C'est un bon accord. Je suis convaincu que nous allons créer beaucoup plus d'emplois", décrit Kris Peeters.

  • Kris Peeters, ministre de l'Emploi, s'exprime

  • "Nous allons continuer à mettre en oeuvre le tax shift afin de stimuler l'investissement dans l'économie réelle"

    "On va simplifier le système. Des règles plus simples, des méthodes plus simples et budgétairement, ce sera neutre. Nous allons continuer de mettre en oeuvre le tax shift afin de stimuler l'investissement dans l'économie réelle", déclare Johan Van Overtveldt.

    "Nous allons renforcer la taxe caïman pour lutter contre la fraude. On a trouvé des moyens pour renforcer l'efficacité de cette taxe. Nous allons également continuer de combattre la fraude fiscale", poursuit-il. 

    L'accord budgétaire prévoit également une hausse de la TOB, la taxe sur les opérations boursières. Celle-ci passera de 0,09% à 0,12%, puis 0,27% et enfin 0,35%.

  • C'est Johan Van Overtveldt, le ministre des Finances, qui prend la parole

    Le ministre des Finances explique les mesures qui concernent son département.

  • "Nous avons donc un montant à trouver d'1,1 milliard"

    L'équilibre budgétaire, initialement prévu pour 2018, est repoussé. "Nous ne voulons pas casser la relance de la machine économique. La croissance continue à s'accélérer. Nous avons travaillé sur l'effort de 2,6 milliards qui prend en considération l'accélération de la croissance", indique Sophie Wilmès. 

    "Nous allons engager des corrections fiscales, notamment pour éviter l'évasion fiscale. Nous avons donc un montant à trouver d'1,1 milliard. Mais on voit qu'avec les mesures prévues, il y a un équilibre. Il y a des mesures en emploi et du travail en recettes fiscales pour 530 millions d'euros", explique la ministre du Budget.

  • C'est au tour de la ministre du Budget Sophie Wilmès de s'exprimer

  • "Nous voulons garantir un système de société où la justice sociale est garantie"

    "Nous allons encourager les investissements dans des entreprises en croissance", explique Charles Michel. Il y aura aussi des bonds verts pour financer des projets dans le cadre du développement durable. 

    "En termes de relations sociales, nous voulons garantir plus de jobs. Nous voulons tout faire pour donner une garantie aux gens de trouver un emploi. Il y aura des arbitrages pour les personnes qui en ont le plus besoin. Ceux qui travaillent et qui sont pourtant proches de la pauvreté, il faut les aider en priorité", poursuit Charles Michel.

    "Nous avons beaucoup travaillé ces derniers mois pour stimuler l'innovation, l'investissement et garantir un système de société où la justice sociale est garantie."

  • "Lorsqu'une entreprise fait des gains, nous voulons que cela profite aux travailleurs, pas qu'aux actionnaires"

    "Plus d'une dizaine de mesures ont été prises", déclare Charles Michel qui va en détailler quelques-unes ici.

    "On va soutenir à hauteur de 620 euros ceux qui veulent investir dans l'économie" explique Charles Michel. Une mesure qui sera expliquée plus tard par la ministre du Budget. 

    En termes de compétitivité et de création de jobs, nous allons "combattre le dumping social"." Nous allons anticiper des baisses de charges pour 2020 en 2018 et en 2019. Nous allons aussi réformer l'e-commerce", poursuit-il.

    "Nous allons garantir des aides pour les jeunes, pour les aider à trouver un premier emploi", indique Charles Michel.

    "Lorsqu'une entreprise fait des gains, nous voulons que cela profite aux travailleurs, pas qu'aux actionnaires", décrit-il.

  • Quelles sont ces réformes?

    On vous explique déjà l'essentiel dans cet article

    Et nous analysons plus particulièrement quatre mesures qui touchent l'épargnant dans cet article

  • Bonjour à tous et à toutes

    Le budget et les réformes pour lesquels le gouvernement Michel s'est mis d'accord sont présentés ce mercredi midi au 16 rue de la Loi. Les nouvelles mesures vise à dynamiser l'économie belge. Elles portent principalement sur la fiscalité, la compétitivité et la cohésion sociale.

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