FullUp, la start-up qui place des jauges connectées sur les citernes à mazout

Catherine de Viron, Fullup ©Dieter Telemans

FullUp, qui vient de lever 530.000 euros d’argent frais, a déjà placé ses jauges connectées dans 2.000 citernes à mazout. Elle en vise 10.000 d’ici fin 2020.

Après trois ans de recherches, d’études de marché et de développement de produit, la start-up FullUp, installée à la fois à Jambes et à un jet de pierre des Quatre Bras de Tervueren, vient de lever 530.000 euros sous forme de capital et de prêts, auprès de la plateforme de crowdfunding Spreds mais aussi de ses actionnaires fondateurs, pour lancer la commercialisation de Tankconnect.

"Notre cible? Les fournisseurs de mazout qui ont des contrats de remplissage automatique des citernes d’écoles ou de syndics d’immeubles, explique Catherine de Viron, cofondatrice et CEO de la start-up. Grâce à l’Internet des objets et à nos senseurs connectés, ils peuvent gérer le remplissage des citernes et réduire leurs trajets de 40%, ce qui a un impact en termes de coûts, mais aussi d’environnement."

"Grâce à l’internet des objets, les fournisseurs de mazout peuvent réduire leurs trajets de 40%."
Catherine de Viron
CEO de Fullup

Les citernes à mazout des grands immeubles sont en effet souvent sous-dimensionnées, ce qui oblige à les remplir plusieurs fois en hiver. Et sans contrôle à distance de ces citernes, les fournisseurs de mazout sont obligés de prendre une marge de sécurité importante, ce qui les amène parfois à réapprovisionner des citernes encore pleines à 60%.

La jauge connectée de FullUp, développée avec l’aide du studio Make It, un des cofondateurs de la start-up, mesure le niveau de mazout par ultrasons et communique l’information en temps réel à une app via les réseaux Sigfox ou LoRa. De quoi résoudre le problème, et permettre aux fournisseurs de mazout d’optimiser leurs tournées.

"J’ai vécu un an et demi dans les citernes à mazout, pour aller voir, tester, déterminer les fonctionnalités utiles, témoigne Catherine de Viron. Nous avons déjà équipé un peu plus de 2.000 citernes, notamment en vendant des jauges connectées aux particuliers via notre site, parce que nous avons commercialisé tout en peaufinant notre business plan. Mais depuis janvier, nous avons notre propre solution, et nous visons clairement le marché B-to-B, où un fournisseur de mazout peut rentabiliser l’investissement en un an et demi." Le coût du produit? Une centaine d’euros pour la jauge elle-même, et un abonnement autour de 3 euros par mois, en fonction des volumes.

D’autres entreprises sont présentes sur ce créneau, du côté des équipementiers comme des spécialistes de la télésurveillance. Mais FullUp travaille déjà avec des gros acteurs comme Total et Q8, et espère atteindre le break-even dès 2020, avec 10.000 cuves équipées.

La Belgique, avec 1,6 million de chauffages au mazout, est un beau terrain de jeu. Full Up, également active au Grand-Duché, vise aussi le marché français avec la levée de fonds qu’elle vient de réaliser. "Ensuite, nous comptons procéder à une nouvelle levée de fonds, pour commercialiser à plus grande échelle et nous diversifier, par exemple dans les citernes d’eau", confie Catherine de Viron.

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