Poutine pourra-t-il empêcher une guerre entre Israël et l'Iran?

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Les forces iraniennes ont tiré des roquettes contre des positions de l'armée israélienne sur les hauteurs du Golan, près de la frontière syrienne. Israël a répliqué en lançant contre la Syrie l'une de ses offensives les plus importantes depuis le début du conflit syrien en 2011.

Brusque accès de tension entre Israël et l'Iran. Des roquettes, attribuées à l'Iran, ont été tirées vers des positions israéliennes, provoquant une vigoureuse riposte de l'Etat hébreu en Syrie.

Après des semaines de crispations grandissantes, les premières lignes militaires sur la partie du Golan occupé par Israël ont essuyé un barrage d'une vingtaine de projectiles et roquettes déclenché selon l'armée israélienne par les forces iraniennes de l'autre côté de la ligne de démarcation en Syrie.

→ C'est la première fois que l'Iran lance une attaque contre Israël depuis la Syrie, où Téhéran a déployé des forces et appuie des milices chiites en soutien au président syrien Bachar al Assad.

Les batteries antiaériennes syriennes ont détruit des dizaines de missiles israéliens au-dessus de la Syrie. Mais certains missiles israéliens n'ont pas pu être abattus, a-t-elle précisé. Ils ont atteint un radar, des systèmes de défense aérienne syriens et un dépôt de munitions. ©AFP

Les tirs n'ont pas fait de victimes et ont causé des dégâts limités selon l'armée israélienne, mais l'armée a déclenché "une action contre des objectifs iraniens en Syrie", a dit un de ses porte-parole, Avichae Adrae. "Toute intervention syrienne pour contrer cette action sera sévèrement réprimée", a-t-il prévenu.

A Damas, la télévision a retransmis en direct des images de la capitale syrienne montrant des projectiles lumineux dans le ciel et plusieurs missiles détruits selon elle par les systèmes anti-aériens syriens. Des échanges nourris de projectiles, qui auraient commencé dès mercredi soir, ont été rapportés de part et d'autre de la ligne de démarcation. Certains missiles israéliens ont touché des bases militaires ainsi qu'un dépôt d'armes et un radar militaire, selon l'agence officielle syrienne Sana sans préciser leurs emplacements. Les batteries anti-aériennes syriennes ont abattu des dizaines de missiles israéliens, a-t-elle affirmé.

La communauté internationale s'est évidemment indignée après ces frappes. La Russie a appelé à "la retenue" les parties.

"Nous avons établi des contacts avec chaque partie, nous les appelons toutes à la retenue. Bien sûr, cela suscite pour tout le monde de la préoccupation" (le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov)

Et maintenant? Rien ne permet de dire si ces événements constituent simplement un accès de fièvre plus fort que les autres ou s'ils marquent le début d'une escalade redoutée depuis des semaines, dans un contexte d'animosité à la suite de plusieurs opérations attribuées à l'armée israélienne contre des intérêts iraniens en Syrie. Les dernières semaines, marquées par des crispations grandissantes, ont été avivées par les incertitudes autour de l'accord nucléaire conclu en 2015 par les grandes puissances avec l'Iran et dénoncé mardi soir par le président américain Donald Trump. Israël se tenait prêt depuis des semaines à de possibles représailles iraniennes venues de Syrie, attendues sous la forme probable de tirs de missiles.

Vladimir Poutine semble le mieux placé pour empêcher une guerre entre l'Iran et Israël. Il a envoyé un diplomate de haut vol à Téhéran pour discuter de la situation ce jeudi. Et côté israélien, il doit se pencher sur la demande insistante de Netanyahu: ne pas délivrer à la Syrie certaines armes aériennes de guerre.

 

Pourquoi?

L'influence croissante que l'Iran et son allié libanais, le Hezbollah, alliés du régime de Bachar al Assad, exercent en Syrie inquiète au plus haut point le gouvernement israélien, qui a fortement plaidé auprès de Donald Trump en faveur d'un retrait américain de l'accord de juillet 2015 sur le programme nucléaire de la République islamique.

 Ces attaques sont survenues quelques heures après le retour en Israël du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui était à Moscou pour s'entretenir avec le président russe Vladimir Poutine sur la question syrienne. Tel Aviv a prévenu Moscou que des frappes allaient être lancées en Syrie, selon le porte-parole de l'armée israélienne. La tension entre Israël et la Syrie s'était accrue après l'attaque mardi soir par Israël d'une base militaire iranienne au sud de Damas qui aurait fait 15 morts, dont huit Iraniens.

©EPA

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