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"Sans la Russie, il est impossible de résoudre le conflit syrien"

Le mot d'ordre est d'éviter une "escalade" militaire dans la région, insiste le ministre allemand des Affaires étrangères HeikoMaas. ©EPA

L'Union européenne veut relancer le processus politique après les frappes occidentales en Syrie. Les ministres européens des affaires étrangères, réunis en conseil, disent qu'il "ne saurait avoir de solution militaire".

L'Union n'est pas soudée face aux frappes contre la Syrie lancées par les USA, la France et la Grande-Bretagne. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis à Luxembourg, ont dû afficher une façade commune. Ils ont fait part de leur compréhension pour les frappes. Ils ont toutefois appelé à relancer le processus politique pour mettre fin au conflit.

"Le Conseil estime que les frappes aériennes ciblées ont constitué des mesures spécifiques prises dans le seul but d'empêcher le régime syrien d'utiliser à nouveau des armes chimiques et des substances chimiques comme armes pour tuer des Syriens", selon les conclusions de la réunion.

Il faut éviter que chaque pays puisse mener une politique autonome vis-à-vis de Moscou.
Un responsable européen

"Nous soulignons que l'élan de la situation actuelle doit être utilisé pour revigorer le processus visant à trouver une solution politique au conflit syrien. L'Union européenne réaffirme qu'il ne saurait avoir de solution militaire." "Nous devons reprendre le chemin d'un dialogue politique sur la Syrie avec la Russie et l'Iran (les deux soutiens du régime syrien)", ajoute Didier Reynders.

Le ministre allemand souligne qu'il est important de ne pas basculer dans  une "escalade" militaire dans la région.  "Sans la Russie, il est impossible de résoudre ce conflit", insiste le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

Tous les États membres en conviennent: l'utilisation d'armes chimiques - dont est accusé le régime syrien - à Douma est inacceptable et ne devait pas rester impunie. La déclaration des 28 insiste sur la nécessité de faire "rendre des comptes" aux responsables de crimes de guerre. Mais elle ne justifie pas les frappes.

Sans la Russie, il est impossible de résoudre ce conflit.
Heiko Maas
le chef de la diplomatie allemande


La division est donc grande au sein de l'Europe. À un bout de l'échiquier: la France et le Royaume-Uni. À l'autre: les neutres. Entre les deux: des membres de l'Otan, dont beaucoup sont partagés sur les frappes.

"Il faut que l'Union européenne reste unie. Il faut éviter que chaque pays puisse mener une politique autonome vis-à-vis de Moscou. C'est important pour que l'UE existe", plaide un responsable européen sous couvert de l'anonymat. Moscou tire en effet avantage des divisions au sein de l'Union, pour preuve, les réactions liées à l'empoisonnement au Royaume-Uni de l'ancien agent double russe Sergueï Skripal. "Tout le monde a fait le même constat. Tout le monde a eu la même lecture des faits, mais tout le monde n'a pas répondu de la même façon", souligne-t-on de source diplomatique européenne.

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