Michèle Sioen, CEO de Sioen Industries

Le secteur textile belge se compose d'environ 450 sociétés, réalise un chiffre d'affaires annuel de 6,6 milliards d'euros et occupe 31.500 travailleurs. Particularité: 90% de ces entreprises se trouvent en Flandre, entre Mouscron et Saint-Nicolas.

(l'écho) - Un élément historique explique cette concentration au nord. «Dans les années 1950, alors que la Wallonie avait l'acier et le charbon, la Flandre était une région pauvre, axée sur l'artisanat et l'agriculture.


La culture du lin a alors joué un rôle important dans le développement de l'activité de filature et de tissage, en particulier pour la fabrication de tissus d'ameublement et de tapis. C'est elle qui a donné naissance aux entreprises qu'on connaît aujourd'hui», explique Fa Quix, directeur général de Fedustria (fédération belge de l'industrie textile, du bois et de l'ameublement). Remarquable exemple: l'entreprise Beaulieu, fondée par Roger De Clerck en 1959. «Dans le contexte de l'époque, ce fils de famille nombreuse avait le choix entre s'appauvrir, émigrer ou mettre sur pied une activité. Il a commencé avec deux métiers à tisser dans l'étable de la ferme familiale.

Vingt-cinq ans plus tard, il était le premier producteur européen de tapis et moquettes. Cette ardeur et cette volonté d'entreprendre, nées de la nécessité, sont communes à de nombreux fondateurs d'entreprises textiles flamands», poursuit Fa Quix. Tous par ailleurs ne sont pas devenus des géants comme Beaulieu. Le secteur compte des centaines de PME, de 20 à 30 personnes, nées à cette époque.
Autre digne représentant du secteur: Sioen Industries, créée en 1960 par Jean-Jacques Sioen. Aujourd'hui, l'entreprise est cotée en bourse, compte 39 filiales dans 13 pays, emploie 4.600 personnes et réalise un chiffre d'affaires d'environ 400 millions d'euros. Elle est notamment le n°1 mondial sur le marché du textile technique enduit (airbags, films pour tableaux de bord de voitures...) et compte parmi les leaders du vêtement de protection industriel, des métiers à haute valeur ajoutée.


Michèle Sioen, fille aînée du fondateur, est entrée dans le groupe en 1990 et en a pris les rênes en 2005. A l'image de sa patronne, parfaite bilingue, le groupe flamand est présent des deux côtés de la frontière linguistique et possède 4 implantations en Flandre (à Ardooie, Haaltert, Poperinge et Bornem) et 3 en Wallonie (à Mouscron, Liège et Ath). Si le coût salarial reste un lourd problème pour l'industrie textile en général, les conflits communautaires belges ne pèsent pas sur les affaires. «Dans la vie quotidienne du groupe, la collaboration entre Flamands et francophones se passe bien, ce n'est même pas un sujet de discussion. Seule l'image de la Belgique à l'étranger pâtit de ces querelles communautaires», témoigne Michèle Sioen.

F.A.

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