Vilvorde | Gérer la bombe démographique

©Wim Bladt

Face aux dérives communautaires et au manque d’infrastructures liés à l’augmentation de la population, le bourgmestre de Vilvorde, Hans Bonte, réclame davantage de moyens financiers.

Vilvorde est une commune à part dans le paysage flamand. C’est la seule commune à être dirigée par les socialistes au sein d’une périphérie bruxelloise où le centre-droit domine largement. C’est aussi la commune flamande dont la population augmente le plus rapidement, principalement sous l’effet de la pression démographique bruxelloise. Ce qui ne va pas sans poser de sérieux défis en termes d’infrastructures (transport, écoles, crèches, etc.).

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C’est pourquoi le bourgmestre Hans Bonte (sp.a) exige d’obtenir le statut de "commune centrale" (centrumstad), synonyme de moyens financiers accrus. Comme la Région flamande se montre peu sensible à ses arguments, Hans Bonte a même intenté une action en justice contre l’autorité de tutelle. "Comme nous répondons à tous les critères, il n’y a pas de raison de nous refuser ce statut qui signifie 10 millions de financement supplémentaire par an. Sur un budget de près de 70 millions d’euros, ce n’est pas rien, explique-t-il. Faute de quoi, nous ne pourrons pas tenir le rythme de croissance de notre population", prévient-il.

Cette population est en grande majorité d’origine immigrée. Un certain nombre de foyers de radicalisme ont été signalés dans la commune, certains jeunes sont partis en Syrie et un des auteurs des attentats de Barcelone du 17 août 2017 était originaire de Vilvorde. Bien avant les attentats de Paris et de Bruxelles, Hans Bonte a été l’un des premiers bourgmestres à mettre en garde contre les dérives sectaires chez certains membres de la communauté musulmane. Ce qui ne lui a pas toujours valu une grande estime auprès de son propre parti qu’il jugeait dans une interview au magazine flamand Knack en avril dernier "incapable d’encore toucher les gens".

"Sans les 10 millions de financement supplémentaire par an du statut de "commune centrale", nous ne pourrons pas tenir le rythme de croissance de notre population."
Hans Bonte
Bourgmestre sp.a de Vilvorde

Hans Bonte s’est aussi mis en porte-à-faux avec son parti au sujet du décumul qu’il considère être une mauvaise idée. Entre son mandat de député et celui de bourgmestre, il a choisi le second. "Si je ne suis pas réélu au maïorat, j’arrête la politique", annonce-t-il. Sa préférence serait de pouvoir poursuivre avec la coalition actuelle où le sp.a gouverne avec l’Open Vld et la N-VA.

Le néerlandais régresse

En face, on trouve le CD&V, le Vlaams Belang, les "Vilvocraten" (une branche dissidente du Vld) et l’Union des francophones (UF).

Ces derniers feront campagne sur le vivre-ensemble et le respect des différences, y compris au plan linguistique. "Pourquoi certains élus tiennent-ils à imposer le néerlandais partout, alors qu’on entend que le français dans les rues de Vilvorde?", s’insurge Ntonga Monsempo, tête de liste UF et président de DéFI Vilvorde.

"La connaissance du néerlandais reste un prérequis pour obtenir un logement social, s’inscrire dans un club sportif ou être servi à la Poste. Une telle obligation n’est pourtant pas conforme à l’article 30 de la Constitution", précise-t-il. L’UF s’est fixé comme objectif d’empocher 20% des voix au scrutin.

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