De l'utilité du G7

Ces dernières années, les appels du G7 Finances à une stabilisation des changes ont été suivis d'une hausse des fluctuations des devises.

(L'Echo) À plusieurs reprises ces dernières années, les appels du G7 Finances à une plus grande stabilisation des changes ont été suivis d'un accroissement des fluctuations des devises. Depuis cinq ans, les grands argentiers des pays les plus riches se sont aussi régulièrement inquiétés des répercussions du prix du pétrole sur la croissance. Sans que cela ait une influence sur les cours du brut...

Au moment où s'ouvre à Washington une nouvelle réunion du G7 Finances en prélude aux rencontres de printemps de la Banque mondiale et du FMI, on peut dès lors légitimement se poser la question de la crédibilité de cette instance. Les taux de changes devraient une fois de plus être l'un des sujets les plus discutés. Problème: sur les quatre devises dont il est question - le yen, le dollar, l'euro et le yuan -, l'une est celle d'un pays qui ne fait pas partie du club. Des représentants chinois ont bien été invités à se joindre aux discussions, mais Pékin a maintenu le flou sur leur participation, laissant entrevoir que le pays n'entendait pas être mis sur la sellette, que ce soit pour la sous-évaluation de sa monnaie ou en raison d'entorses aux règles du commerce international.

Pourtant, comme l'Onu, le G7, et derrière lui le FMI, n'a sans doute plus d'autre choix que de s'adapter à la mondialisation s'il veut rester crédible. L'époque où le moindre terme de ses communiqués était passé au crible est révolue. Le forum devra notamment s'élargir aux pays émergents. Il a déjà été étendu à la Russie pour les sommets annuels au niveau des chefs d'État, mais pas pour les réunions financières. Et ce, bien que les performances économiques russes aient de quoi faire pâlir d'envie la plupart des pays européens. À terme, maintenir Moscou, New Delhi, Brasilia et Pékin hors de ces cénacles au nom notamment des entraves à la propriété intellectuelle risque de condamner de plus en plus le G7 à un rôle d'enfonceur de portes ouvertes.

par Olivier Gosset Journaliste Économie- International

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