Publicité

Edito: Une sortie par le bas

Alors que de nombreux compromis avaient été avancés pour mettre un terme à l'impasse constitutionnelle européenne, c'est une des options les moins ambitieuses qui va sans doute s'imposer, sous le prétexte de l'urgence.

Alors que de nombreux compromis avaient été avancés pour mettre un terme à l'impasse constitutionnelle européenne, c'est une des options les moins ambitieuses qui va sans doute s'imposer, sous le prétexte de l'urgence. Du moins si l'on parvient à contenter Londres et Varsovie. Le traité largement simplifié proposé par le président français a comme principal avantage de permettre le fonctionnement de l'Union élargie, tout en donnant l'impression qu'un mouvement de relance s'est amorcé. Un résultat plutôt ténu: les questions institutionnelles qui seront au coeur de l'accord sont celles que les dirigeants de l'UE tentent de résoudre en vain depuis plus de dix ans. Pour les 18 pays ayant ratifié la défunte Constitution, cette sortie par le bas aura un goût amer. Parce qu'elle laisse de côté les autres acquis du texte, refusé par les Français et les Néerlandais, qui était déjà le fruit d'un compromis. Notamment les avantages liés à un traité fondamental: les référents européens, la reconnaissance d'une Union politique en gestation et l'approfondissement des politiques communes, pourtant reconnues comme indispensables pour faire face aux défis d'un monde globalisé. Exit donc la volonté d'intégration. Une fois de plus dans l'histoire récente de l'UE, l'alignement se fait sur les positions minimalistes de ceux qui ne veulent rien concéder à "Bruxelles". Oublié également le travail de transparence réalisé par la Convention. La nouvelle réforme aura les apparences d'un texte technocratique, adopté en catimini, qui ne sera sans doute pas ratifié par référendum. Un document qui n'expliquera en rien la pertinence d'un projet européen aujourd'hui contesté. Enfin, ce traité "aux ciseaux" rendra très improbable l'éventualité d'une rénovation plus ambitieuse lors des élections européennes de 2009, comme Nicolas Sarkozy l'avait pourtant initialement suggéré. Même si une clause de rendez-vous devait être adoptée, l'idée d'un nouvel aggiornamento de l'UE à court terme paraîtra en effet totalement irréaliste.

par Olivier Gosset

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés