La course à la taille

Qu'est-ce qui fait courir les banques? Les discussions assidues entre ABN Amro et Barclays en début de semaine semblent avoir mis le feu aux poudres.

(l'écho) Hier, le patron des banquiers allemands y voyait une nouvelle pression sur son secteur, poussé lui aussi sur la voie de la consolidation. L'Italie est sur le même chemin depuis des mois.

Mais c'est d'ING qu'est venue la surprise. Voilà que la banque batave, que l'on voyait comme un des poids lourds du secteur en Europe, présente déjà aux quatre coins du monde, veut elle aussi prendre sa part du gâteau de la consolidation. Au Benelux mais aussi au-delà.

Subitement, les banques belges font figure de nains, et de cibles, à côté des 70 milliards de capitalisation boursière d'ING. Fortis, avec ses 43 milliards, est sans doute la plus vulnérable du fait de son actionnariat très dispersé. à l'inverse, KBC (34 milliards) et Dexia (26,2 milliards) peuvent compter sur un contrôle stable.

Ces deux-là pourraient sans doute se contenter de leur taille, compte tenu de leur stratégie clairement définie. Fortis est sans doute dans une position plus délicate. Sa stratégie de marché de niche la pousse à essaimer aux quatre coins du monde alors que son marché principal, très mature, offre moins de perspectives de croissance.

Globales, les banques doivent atteindre une taille critique, estimée par certains à 100 milliards EUR de capitalisation boursière, de manière à avoir les reins suffisamment solides pour payer le lourd ticket d'entrée sur des marchés comme la Chine ou l'Inde.

Dans ce cas de figure, et mathématiquement, Fortis fait figure d'oiseau pour le chat.

D'aucun rêvaient de la Grande Banque Belge, fantasme financier qui devait réunir la Générale de Banque, la BBL voire le Crédit Communal. La première s'est fondue dans le belgo-hollandais Fortis, la deuxième s'est vendue à ING et la troisième est le pilier belge du franco-belge Dexia. Chassez le naturel...

Par Laurent Fabri

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