Moment historique

Multimilliardaires, secrets et affublés de tous les maux, les fonds d'investissement sont aussi d'incorrigibles boulimiques. Leur frénésie de rachats d'entreprises est devenue le premier moteur des fusions et acquisitions à l'échelle mondiale. Démonstration hier encore avec le rachat par KKR du groupe First Data. Dont coût: 29 milliards de dollars.

(l'écho) Record battu en termes de montant déboursé par une seule et même firme d'investissement. Henry Kravis, le patron de KKR, ne mentait pas quand, il y a quelques semaines, il affirmait que jamais dans sa carrière, il n'avait connu pareille période exceptionnelle. Un moment historique de la finance mondiale où les liquidités abondent grâce à des conditions d'emprunt favorables. Car au train où ces firmes accumulent l'argent frais, tout devient imaginable, y compris une OPA sur une valeur phare d'Euronext. à Wall Street, on se prépare d'ailleurs à des rachats plus importants encore grâce à la constitution de consortiums. Des deals à hauteur de 100 milliards de dollars ne sont plus considérés comme extravagants mais probables.

Tout devient possible sauf si l'exubérance l'emporte sur la raison. Un scénario pas si farfelu, à voir la vitesse à laquelle ces fonds sont contraints de cibler de nouvelles proies pour suivre le rythme effréné auquel ils engrangent des capitaux. En multipliant les opérations, ils tendent aussi à se disperser et n'ont plus forcément les moyens humains de tout gérer. Gare au dérapage qui fera les gorges chaudes des nombreux détracteurs du private equity. Des détracteurs souvent pétris de fantasmes qui ont bien du mal à entendre les vertus de la gouvernance rapprochée de ces fonds.

Car l'analyse statistique indépendante a maintenant été faite aux états-Unis, notamment. Bilan: ces actionnaires professionnels donnent de très bons résultats, y compris en termes d'innovation et de création d'emplois. Une vérité un peu dure à entendre pour certains.

Par Serge Vandaele

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