Quater repetita

Renault Vilvorde, Ford Genk, Volkswagen Forest, Opel Anvers... Mais quand donc cette triste litanie s'interromprat- elle? La spirale semble sans fin, dans laquelle s'enfonce inexorablement l'industrie d'assemblage automobile de ce pays. À chaque fois, c'est le même désespoir, la même colère de la part des travailleurs.

La même impuissance, suivie des mêmes compromissions de la part de la classe politique. Les mêmes excuses improbables invoquées par les grands constructeurs automobiles, trop heureux de sauver des emplois et (surtout) la paix sociale dans leur pays d'origine. Et jamais, depuis dix ans (la fermeture de Renault à Vilvorde), personne ne semble avoir tiré les leçons de ces raclées à répétitions. Il y a quelques mois, lorsque la survie de VW Forest venait d'être confirmée, Guy Verhofstadt - qui s'était beaucoup démené dans ce dossier, reconnaissons- le - se réjouissait que la Belgique ait réussi à sauvegarder la construction d'un million de voitures par an et quatre grands acteurs dans l'assemblage automobile. Entre parenthèses, on aurait bien fait de l'écouter lorsqu'il a ajouté "quand on saura ce qu'il advient d'Opel Anvers"... Tout fier, le Premier ministre laissait entendre que les Pays-Bas, avec le seul constructeur NedCar (Mitsubishi), n'avaient pas autant de chance que nous. Mais, à bien y réfléchir, le fait de posséder et de défendre bec et ongles une industrie automobile dans un pays qui n'a plus de constructeur national depuis des décennies, est-ce vraiment une aubaine pour notre économie? En serionsnous arrivés à ce degré de dépendance par rapport aux diktats des dirigeants de groupes allemands ou américains si nous avions imité les Pays-Bas? À savoir, investir dans des domaines où ils disposaient des ressources nécessaires sur leur propre territoire? Et par là même, réussir à conserver chez eux les centres de décision d'entreprises de taille mondiale. Ce qui est plus qu'une chance; c'est un atout majeur.

Martine Maelschalk

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