Wolfowitz s'accroche malgré les pressions exercées pour son départ (PAPIER GENERAL)

Par Jean-Louis DOUBLET

Le président de la Banque mondiale Paul Wolfowitz s'accroche à son poste malgré les accusations de népotisme portées contre lui, ce qui complique la tâche de son Conseil d'administration qui doit déterminer s'il y a eu violation des règles de l'institution ou non.

"Il est temps pour M. Wolfowitz de partir", a affirmé le New York Times dans un éditorial lundi, après que les représentants des pays membres de Banque mondiale (BM), eurent eux-mêmes jugé dimanche "très préoccupante" la polémique en cours.

"Il doit démissionner car il a fait de la bonne gestion des affaires publiques sa priorité à la Banque et il n'a pas respecté ses propres règles", souligne l'influent quotidien américain.

Mais Paul Wolfowitz a très clairement affirmé à l'issue de l'assemblée semestrielle de la BM à Washington dimanche qu'il n'avait pas l'intention de partir. "Je pense que je peux continuer", a-t-il déclaré.

Le Conseil d'administration de la Banque, composé des représentants des principaux pays membres, doit se réunir dans les prochains jours pour continuer d'examiner le dossier à l'origine de l'affaire.

Celle-ci porte sur les augmentations de salaires accordées à Shaha Riza, la compagne de Paul Wolfowitz, qui travaillait déjà à la Banque lorsque ce dernier en a pris la tête en juin 2005.

A la demande du Conseil d'administration, elle avait été détachée au département d'Etat américain tout en continuant d'être payée par la BM et avait reçu une augmentation de 60.000 dollars ainsi que la promesse d'être régulièrement promue dans l'échelle des salaires.

Après avoir affirmé qu'il avait agi sur instruction du Conseil d'administration et du Comité d'éthique de la BM, M. Wolfowitz a dû faire machine arrière puis s'excuser publiquement. Le Conseil a ensuite souligné qu'il n'avait jamais donné son accord formel aux augmentations.

Mais il n'a pas encore déterminé si les règles de la Banque avaient été violées, et il n'est pas clairement établi non plus s'il a le pouvoir de renvoyer le président de la Banque dans ce cas.

Photo EPA

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